CBC/Radio-Canada répond à l'article de Tom Korski paru dans The Hill Times

22 mars 2010

Le 15 mars 2010, The Hill Times a publié un article de Tom Korski intitulé « CBC displays keen sense of self-preservation », qui contenait plusieurs inexactitudes que CBC/Radio-Canada a corrigées en envoyant la lettre à la rédaction suivante, qui a été publiée dans The Hill Times, le 22 mars 2010.

CBC/Radio-Canada : savoir s'adapter avant tout

Dans sa chronique intitulée « CBC displays keen sense of self-preservation » et publiée la semaine dernière, Tom Korski cite une affirmation datant de 1967 selon laquelle le radiodiffuseur public risque de devenir obsolète, déclare que la Société « fait face à une baisse de son auditoire », et suggère qu’elle « s’oppose à toute modification de son mandat ». J’ai pensé que vos lecteurs méritaient d’avoir une image plus juste de l’état actuel de CBC/Radio-Canada.

Premièrement, loin de nous opposer à toute modification de son mandat, CBC/Radio-Canada a, depuis au moins 2005 et toutes les fois qu’elle en a eu l’occasion, demandé avec insistance une révision officielle de son mandat. M. Korski aurait pu se référer à nos présences répétées devant le Comité permanent du patrimoine canadien pour constater que nous sommes plus que prêts à discuter du rôle que le radiodiffuseur public devrait jouer au XXIe siècle.

En faisant cette simple recherche, M. Korski aurait également pu comprendre pourquoi nous tenons à cette révision. Les multiples études effectuées par nombre de comités parlementaires arrivent toutes à la même conclusion : les nouvelles technologies et les tendances sociales ne rendent pas le radiodiffuseur public obsolète. Elles le rendent encore plus pertinent et contribuent à renforcer le rôle qu’il a à jouer afin que le Canada atteigne ses objectifs dans l’univers médiatique et du multimédia.

Disposant de plus d’options en matière de médias que tous les autres citoyens de la planète et avec un géant culturel comme voisin, les Canadiens ont plus que jamais besoin d’un espace dans l’univers médiatique où ils peuvent se reconnaître. Un espace où peuvent se rassembler des citoyens d’origines de plus en plus diverses, et qui aide les gens à former leur propre identité individuellement, socialement et politiquement. Un endroit où les Canadiens peuvent entrer en contact avec leurs concitoyens, avec leur nation et avec le monde. C’est pour créer cet espace que CBC/Radio-Canada existe.

En ce qui a trait à nos auditoires, M. Korski sera surpris d’apprendre que CBC/Radio-Canada est, autant que je sache, le seul radiodiffuseur généraliste en Amérique du Nord qui voit ses services augmenter leurs parts de marché – en comparant ce qui est comparable. En fait, au cours des cinq dernières années, CBC Television a réussi, avec une programmation en grande majorité canadienne, à augmenter sa part de marché annuellement. De 6,7 % en 2005, elle est passée à 9,7 % jusqu’ici cette année. Au cours des deux dernières années, CBC Television a battu pour la première fois la programmation américaine de Global aux heures de grande écoute, pour devenir le deuxième réseau le plus regardé au Canada. Tout indique que la chose se répétera cette année. Du côté de la Télévision de Radio-Canada, sa part de marché aux heures de grande écoute se situe tout juste sous les 20 %. Nos services de radio atteignent des sommets historiques et nos sites web sont parmi les plus populaires au Canada, recevant quatre millions de visiteurs par mois. Nos auditoires téléchargent tout près de deux millions de nos baladodiffusions par mois.

Il y a une certaine ironie à voir que M. Korski compare la position de CBC/Radio-Canada avec celle de la BBC qui a récemment annoncé qu’elle procéderait volontairement à des compressions de 155 millions de dollars et qu’elle fermerait deux stations de radio. Premièrement, CBC/Radio-Canada a procédé à des compressions de 171 millions de dollars l’an dernier. Qui plus est, la BBC propose de limiter ses activités parce qu’on lui reproche d’être trop puissante et de recevoir un trop grand financement. Malheureusement, tous ceux qui ont étudié la situation de CBC/Radio-Canada au cours de la dernière décennie en sont venus à la conclusion que la Société ne recevait pas un financement suffisant pour remplir son mandat.

Dans une étude publiée en 2009 et portant sur 18 grands pays, il a été établi que le financement annuel moyen des services de radiodiffusion publique était de 76 dollars par personne. La BBC recevait 124 dollars par personne. À 34 dollars par personne, le Canada, avec des services offerts dans les deux langues et dans six fuseaux horaires, arrivait troisième en queue de liste. Il s’agit là d’une valeur exceptionnelle pour l’argent investi.

Le passage le plus curieux de l’article de M. Korski est celui où il décrit comme absurde (« gratuitous ») l’affirmation dans le budget fédéral voulant que les services de CBC/Radio-Canada « sont conformes aux priorités des Canadiens ». Ce n’est pas absurde. C’est un portrait fidèle de la réalité.

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    Vice-président, Image de marque, Communications et Affaires institutionnelles, CBC/Radio-Canada
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