Lettre au National Post

3 novembre 2011

J’ai été heureux de lire dans l’article d’opinion de Matt Gurney, publié sur le site du National Post (mardi 27 septembre 2011) et concernant les attaques de Quebecor contre CBC/Radio-Canada, qu’il semble réellement avoir à cœur les intérêts du radiodiffuseur public national. Malheureusement, ses arguments sur la façon dont la Société devrait s’y prendre pour répliquer à ces attaques reposent sur les mêmes informations fausses que Quebecor répand dans ses attaques.

Voici les faits.

Malgré ce que prétend Quebecor, nous ne contestons en rien nos obligations en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Nous prenons nos responsabilités très au sérieux et avons, à ce propos, publié plus de 80 000 pages contenant de l’information.

Le différent juridique avec la commissaire à l’information concerne l’article 68.1 de la Loi. Cet article précise que l’information concernant les activités « journalistiques, créatives ou liées à la programmation » est exclue de la portée de la Loi. Nous sommes d’avis que seul un juge peut consulter les documents concernant les activités journalistiques, créatives ou liées à la programmation pour déterminer si la Loi s’y applique ou non. Le litige ne porte pas sur ce qui devrait être exclu ni sur les dépenses refusées ou non. Il s’agit de déterminer qui peut consulter quoi.

Dans son article, M. Gurney avance que « certaines voix qui se sont publiquement élevées pour critiquer CBC/Radio-Canada soupçonnent le radiodiffuseur d’utiliser ces exemptions (sic)… pour cacher des détails potentiellement embarrassants sur les frais de déplacement et de représentation de ses dirigeants ».

Ces allégations sont tout simplement fausses. Si vous vous rendez sur notre site web, vous y trouverez de l’information de toutes sortes, y compris les relevés de frais de déplacement et de représentation de nos cadres supérieurs. Nous affichons également les règles et politiques qui guident nos dépenses et qui sont les mêmes ou à peu près les mêmes que celles qui s’appliquent au sein de l’administration fédérale.

M. Gurney fait aussi des commentaires sur les crédits parlementaires de 1,1 milliard de dollars que CBC/Radio-Canada reçoit du gouvernement. Il est vrai que nous recevons cet argent, mais les radiodiffuseurs privés généralistes (dont TVA de Quebecor fait partie) reçoivent aussi de l’argent. Ils reçoivent à eux tous des centaines de millions de dollars en avantages publics chaque année par l’entremise de crédits d’impôt, de subventions directes et de protections contre la concurrence étrangère. De plus, Quebecor est elle-même propriété à 45 % des Québécois par l’entremise de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Je ne dis pas que Quebecor devrait être soumise à la Loi sur l’accès à l’information. Je dis simplement qu’avant de jeter la première pierre, elle devrait s’assurer de bien choisir sa cible.

L’argent que CBC/Radio-Canada reçoit en crédits parlementaires aide à financer des services que les radiodiffuseurs privés n’offrent pas ou ne peuvent pas offrir – des services de radio sans publicité, des services aux communautés du Nord dans huit langues autochtones, ainsi que des émissions produites en région. Cela s’ajoute à 30 autres services – en ligne, par voie hertzienne, sur le câble, sur les appareils mobiles – en français et en anglais. Radio-Canada exploite 11 stations partout au pays pour servir les francophones à l’extérieur du Québec. Combien de telles stations TVA, propriété de Quebecor, possède-t-elle? Aucune.

M. Gurney suggère que CBC/Radio-Canada devrait « revoir sa position » afin d’atténuer les attaques des autres médias. Depuis plus d’un an, Quebecor, pour une raison quelconque, mène une campagne quasi quotidienne contre CBC/Radio-Canada et ses propriétés. Malheureusement, il semble peu probable que cela cesse peu importe ce que nous ferons. Entre-temps, nous allons continuer de concentrer notre énergie pour offrir aux Canadiens des services de télévision, de radio et sur Internet comme nul autre radiodiffuseur au pays ne le fait ou a l’intention de le faire.

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