
Courts extraits de la rencontre avec les employés de CBC/Radio-Canada le 4 avril 2012.
Président-directeur général
Président-directeur général
Louis Lalande (French only),
Vice-président principal et directeur général des services régionaux
Kirstine Stewart,
Vice-présidente principale des Services anglais
Visitez le site web 2015 Même stratégie, autre trajectoire.
(LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI)
Ce discours a été prononcé lors d’une rencontre avec tous les employés de CBC/Radio-Canada par Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada.
Bon après-midi tout le monde,
Nous y voilà. Notre chiffre a finalement été confirmé.
Depuis des mois, pendant que vous étiez dans l’attente, à vous questionner et à vous inquiéter, votre équipe de la haute direction travaillait pour répondre aux exigences du Plan d’action pour la réduction du déficit, le PARD. Comme toutes les organisations, nous avons dû présenter au gouvernement une liste détaillée des mesures que nous allions prendre pour réduire notre budget de 5 % ou de 10 %.
Nous avons clairement indiqué qu’il ne nous suffirait pas d’être plus efficaces pour absorber des réductions d’une telle ampleur. Nous avons fourni une liste détaillée des programmes et des services qui seraient touchés dans le cadre de ces deux scénarios. Ensuite, le gouvernement a pris sa décision.
Nous n'avons eu aucun plaisir à compléter cet exercice, d’autant plus que c’est la deuxième fois depuis 2009 que nous devons élaborer des plans pour réduire nos programmes et nos services, et éliminer des emplois.
Avant de poursuivre et vous fournir les détails tant attendus, je veux vous remercier pour votre patience et votre compréhension. Ce processus a été particulièrement long, voire interminable. Comme ce plan faisait partie des documents confidentiels du Cabinet, je ne pouvais vous en dire que très peu, ce qui a sûrement ajouté à votre inconfort. J’en suis désolé, mais il s’agissait des règles du jeu.
L’annonce du gouvernement
La semaine dernière, le ministre Flaherty a annoncé que notre budget sera réduit de 115 millions de dollars au cours des trois prochaines années
Cette réduction de 115 millions de dollars comprend l’élimination au cours de cette période de l’enveloppe de 60 millions de dollars que nous recevions depuis 2001 pour l’investissement dans la programmation canadienne. Soyons clairs : les 115 millions de dollars comprennent les 60 millions, ils ne s’y ajoutent pas.
Je ne prétendrai pas que cette réduction est une bonne chose pour nous. Par contre, je lisais les feuilles de thé et comprenais qu’on ne pouvait pas s’attendre à être exemptés d’une manière ou d’une autre du PARD.
Donc, est-ce que ce chiffre représente une juste réduction? Aujourd’hui, ce genre de questions et les réponses correspondantes ne sont pas très importantes.
Après des mois de discussion avec le gouvernement, où nous avons fait valoir les valeurs et l’importance de la radiodiffusion publique et son impact sur l’économie canadienne, le gouvernement a tout de même décidé de réduire nos crédits parlementaires de 115 millions de dollars. Je laisserai les Canadiens juger par eux-mêmes si cette réduction est juste. Pour notre part, nous devons nous adapter et aller de l’avant.
Le gouvernement a précisé nos crédits pour les trois prochaines années. Nous devons maintenant planifier nos finances pour cette période afin d’être en mesure de réaliser deux objectifs clés : (i) maintenir notre capacité de remplir notre mandat conformément à la Loi sur la radiodiffusion, et (ii) continuer de mettre en œuvre notre Stratégie 2015 en offrant une programmation canadienne de qualité supérieure, en améliorant notre présence régionale et notre impact local, et en investissant davantage dans les plateformes numériques.
Nos défis
La réduction budgétaire imposée ne signifie malheureusement pas la fin de nos défis. Il devient de plus en plus important pour notre Société de planifier ses budgets sur des cycles plus longs que nos cycles budgétaires habituels de 12 mois afin de se donner des marges de manœuvre qui nous assureront une certaine stabilité et prévisibilité dans l'environnement actuel. En allant de l’avant, nous devons donc tenir compte d'autres pressions financières auxquelles nous sommes confrontés :
Notre plan pour les trois prochaines années doit tenir compte de toutes ces pressions financières. Cela veut donc dire que, lorsqu’on additionne à ces pressions les réductions de 115 millions de dollars en vertu du PARD, nos pressions financières s’élèvent rapidement à 200 millions de dollars.
Les mesures
Alors, comment allons-nous procéder?
Pour vous expliquer les mesures que nous mettrons en œuvre, nous les avons regroupées en cinq catégories.
Les mesures sont profondes et les changements qui en découlent sont importants. Pas question pour moi de les minimiser. Il y aura des changements très notables dans les services que nous offrons. Il faudra du temps pour bien les expliquer et en évaluer tout l’impact sur nos émissions, nos services et nos activités, non seulement avec vous, mais avec nos parties intéressées, nos partenaires, les collectivités, nos auditoires et les Canadiens de toutes les régions du pays.
Je tiens aussi à vous préciser que ces mesures font suite à huit mois de consultation auprès des composantes médias et de chaque composante institutionnelle. Je tiens à souligner ce travail qui les a forcés à hypothéquer leurs week-ends, leurs soirées et même leurs congés. Cela devait être fait. Nous avons fait beaucoup de choix difficiles… déchirants même. Des choix qui seront critiqués par une multitude de gens pour différentes raisons. C’est légitime. Mais ces choix devaient être faits et nous les avons faits.
Je suis conscient que ces choix toucheront plus durement certains d’entre vous que d’autres. Que certains d’entre vous seront en colère, perplexes, bouleversés même. Que vous vous demanderez « pourquoi moi, pourquoi notre service et pas un autre ? ». C’est compréhensible. Il se peut que vous ayez des questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponse. C’est normal; nous en aurons avec le temps. La situation est beaucoup trop vaste et trop complexe pour que nous puissions nous y attaquer d’un coup. Il y a trop de facteurs en jeu.
J’aimerais revenir à nos cinq catégories et aux mesures que nous allons prendre afin de faire face à ces pressions financières qui totalisent tout près de 200 millions de dollars :
1. Augmentation des revenus autogénérés
(Économies continues : jusqu’à 50 millions de dollars)
Nous avons commencé par regarder du côté de nos revenus afin de réduire l’impact des réductions sur nos personnes, notre programmation et nos services.
Nous ferons différentes choses. En voici quelques exemples.
Nous voulons augmenter les revenus autogénérés en tirant parti de la diffusion de messages publicitaires à la télévision et en augmentant les revenus provenant de nos services numériques. Nous voulons également inclure de la publicité dans la programmation de CBC Radio 2 et d’Espace musique, ou obtenir des commandites pour ces deux chaînes, plutôt que d’adopter des solutions plus radicales.
Nous avons développé nos initiatives publicitaires en tenant compte des pratiques exemplaires dans l’industrie, en s’assurant de maintenir le code publicitaire et les valeurs incarnées par la marque du radiodiffuseur public, et en respectant l’engagement que nous avons pris dans la Stratégie 2015 d’augmenter le contenu canadien.
Nous avons déjà soumis une demande de modification de licence pour CBC Radio 2 et Espace musique au CRTC et travaillerons avec le Conseil pendant le processus.
La décision d’inclure de la publicité sur CBC Radio 2 et Espace musique, ou d’obtenir des commandites, n’aura aucun effet sur leur mandat. Elle nous permettra cependant de demeurer, grâce à CBC Radio 2 et Espace musique, un lieu de découverte pour les amateurs de musique canadienne, en leur faisant vivre de nouvelles expériences dans une vaste gamme de genres musicaux, avec plus de contenus multiplateformes que tout autre radiodiffuseur au Canada. L’engagement de CBC Radio 2 et d’Espace musique envers leurs rôles de soutien et de vitrine de la meilleure musique canadienne, tous genres confondus, restera aussi fort.
Oui, nous avons envisagé la possibilité de générer des revenus sur CBC Radio One et sur la Première Chaîne, mais nous avons choisi de ne pas suivre cette voie. Nous voulions que notre « radio parlée » demeure sans publicité et avons fait ce choix.
Finalement, nous regarderons si nous pouvons générer plus de revenus avec notre portefeuille immobilier alors que nous pensons vendre certains immeubles dont nous sommes propriétaires et louer des installations plus efficientes et moins coûteuses (j’y reviendrai dans un instant).
Nous cherchons aussi à offrir en location un nombre important de pieds carrés au Centre de radiodiffusion à Toronto. En fait, comme vous l’avez sans doute remarqué, nous avons déjà commencé à louer de l’espace dont nous n’avons plus besoin au Centre de radiodiffusion de Toronto. En plus des ententes que nous avons conclues avec Boston Pizza, Disney et MediaVoice, nous sommes à finaliser un bail pour louer environ 175 000 pieds carrés, et nous avons présenté une demande de changement de zonage pour nous permettre d’accroître notre capacité à louer de l’espace vacant dans l’immeuble.
2. Transformer RCI
(Économies continues : jusqu’à 10 millions de dollars)
Puis, nous avons regardé les services que les plateformes modernes ont remplacés et que peu de Canadiens utilisent encore. Nous cesserons donc d’émettre sur ondes courtes. RCI sera transformée en mettant l’accent sur des plateformes plus pertinentes. Ce service offrira à nos auditoires au Canada et à l’étranger des contenus sur le web dans cinq langues (français, anglais, espagnol, arabe et mandarin). Nous fermerons les sections brésilienne et russe.
Avec cette transformation, nous nous ajustons aux changements démographiques, au trafic sur nos sites, et nous concentrons nos efforts sur les communautés canadiennes de diverses origines qui sont les plus nombreuses tout en continuant d’offrir un service international, mais sur le web. Ces décisions s'inscrivent dans les tendances internationales et les orientations d’autres radiodiffuseurs publics.
3. Accélération de la mise hors service des émetteurs analogiques
(Économies continues : jusqu’à 10 millions de dollars)
Nous allons également mettre hors service nos émetteurs analogiques plus tôt que prévu. Depuis le début des discussions sur la télévision numérique, nous avons clairement déclaré que nous n’allions pas offrir simultanément nos signaux en modes analogique et numérique, que nous allions mettre en place des émetteurs numériques uniquement où nous produisons notre programmation, et que nous allions mettre hors service nos émetteurs analogiques étant donné que cette technologie est dépassée et qu’elle disparaît partout dans le monde.
Le réseau de distribution par satellite du signal analogique de CBC/Radio-Canada arrive à la fin de sa durée de vie utile, et ses coûts d’entretien sont de plus en plus élevés. Continuer d’exploiter plus de 600 émetteurs pour joindre environ 1,7 % de la population constituerait une mauvaise utilisation de nos ressources à un meilleur moment. Cette stratégie n’est certainement pas viable dans les circonstances actuelles. Plus de 98 % des Canadiens ne seront pas touchés par ce changement et continueront de recevoir, de la même façon qu’aujourd’hui, le signal de télévision de Radio-Canada et de CBC par câble, par satellite ou en mode hertzien numérique.
Nous avons ainsi avisé les propriétaires de pylônes et informé le CRTC que nous mettrons nos émetteurs analogiques hors service le 31 juillet 2012.
4. Réduire nos coûts et offrir nos services différemment
(Économies continues : jusqu’à 100 millions de dollars)
Un autre groupe de mesures vise à réduire nos coûts et à offrir nos services différemment. Pour y arriver, nous éliminerons tout ce qui ne nous rapproche pas de l’atteinte des objectifs que nous avons établis dans la Stratégie 2015.
Ces dernières années, nous avons constamment cherché à améliorer notre efficience sur les plans de l’exploitation et de la production alors que nous avons systématiquement extirpé de nos actifs des économies annuelles permanentes de plusieurs dizaines de millions de dollars. Ce travail se poursuivra.
Nous entendons aussi faire passer les cotisations aux régimes de retraite de 34 % à 40 % au cours des deux prochaines années afin de générer environ 5 millions de dollars de revenus par an. Cette décision reflète ce qui se passe actuellement dans le secteur privé et dans l’administration publique. Dans son budget, le gouvernement fédéral a annoncé ses plans visant à faire passer à 50 % les cotisations dans la fonction publique. Nous allons quant à nous rééquilibrer les cotisations à un ratio de 40 %-60 %.
Nous maintiendrons également notre priorité de réduire l’étendue de notre portefeuille immobilier. Notre objectif était de le réduire d’au moins 400 000 pieds carrés d’ici 2015, mais nous avons décidé d’accélérer la cadence et nous visons maintenant plus de 800 000 pieds carrés d’ici 2017. À plus court terme, nous chercherons à vendre des immeubles appartenant à CBC/Radio-Canada, en passant de propriétaire à locataire à plusieurs endroits, et en cherchant à louer l’espace vacant dans les autres immeubles.
Pour vous donner une idée de l’importance de ces initiatives immobilières, sachez que nos dépenses d’exploitation s’élèvent en moyenne à 15 dollars du pied carré et que nos coûts d'opportunité sont également de l’ordre de 15 dollars du pied carré. Faites le calcul : avec 800 000 pieds carrés à 30 $ du pied carré, vous verrez qu’on atteint rapidement les millions de dollars d’économies.
Plus précisément, cela signifie que :
Il ne s’agit là que de quelques exemples, mais je crois que vous comprenez l’idée. De nouvelles installations, plus fonctionnelles, plus efficaces, aucune obligation d’entretien et aucun capital bloqué dans l’infrastructure.
5. Modérer le déploiement de 2015
(Économies continues : jusqu’à 30 millions de dollars)
Finalement, parce que ces initiatives n’étaient encore pas suffisantes, nous nous sommes tournés vers 2015 et avons revu nos ambitions.
Nous avons encore comme objectifs de devenir plus canadien de façon distinctive, plus régional et plus numérique, des éléments essentiels pour jouer notre rôle de radiodiffuseur public du Canada dans un environnement en évolution rapide. Cependant, à la lumière de cette réduction, il ne sera pas aussi facile d’aller aussi loin ou aussi vite dans la réalisation de certains éléments de la Stratégie 2015.
Par conséquent, nous reverrons nos plans dans certains secteurs, notamment : réduction du nombre d’émissions dans la grille réseau, réduction du nombre ou du budget des grands événements réalisés, réduction du nombre d’enregistrements musicaux en direct à la radio ainsi que des projets de programmation transculturelle.
Nous sommes en voie de joindre, grâce à de nouveaux services locaux ou à des services améliorés, 3,5 millions de Canadiens sur les 6 millions ciblés d’ici la fin de l’exercice 2015, mais il faudra plus de temps pour desservir les 2,5 millions restants visés par CBC et la tâche sera plus ardue. En raison de ces pressions, les initiatives de CBC en vue d’achever son plan d’expansion des services locaux se feront en mode numérique seulement, plutôt que dans une combinaison de services radio/numérique, et comporteront moins de nouvelles opportunités.
La stratégie concernant les chaînes spécialisées sera aussi touchée. CBC ne prévoit plus lancer de chaîne numérique pour les enfants et ni CBC ni Radio-Canada ne lanceront de chaînes de sport après avoir obtenu les licences nécessaires. Finalement, nous entendons aussi vendre bold, une des chaînes spécialisées de CBC. Les conditions de licence de cette chaîne ne s’intègrent plus à notre stratégie et ne complètent plus nos autres créneaux de programmation. Elle sera immédiatement mise sur le marché.
À propos des ETP
Qu’est-ce que cela signifie en termes d’emplois?
Il n’y a pas de manière facile de vous annoncer ce qui suit.
Jusqu’à 650 postes à temps plein seront éliminés au cours des trois prochaines années (ce qui représente 7 % de nos ETP). Ces compressions se répartissent comme suit : environ 475 postes en 2012-2013, environ 150 postes en 2013-2014, et le reste l’année suivante. Malheureusement, dans une entreprise où les salaires représentent environ 60 % de l’ensemble du budget, un coup de cette ampleur a inévitablement des effets considérables sur les personnes.
Environ 500 de ces ETP font partie des composantes médias, répartis de façon égale entre les Services français et les Services anglais. Les 150 autres font partie des services institutionnels. L’élimination de ces postes signifie aussi que nous devrons trouver un montant ponctuel additionnel de 25 millions de dollars pour couvrir les indemnités de départ, en plus des 200 millions de dollars déjà mentionnés.
Nous nous mettrons immédiatement au travail avec les leaders syndicaux pour mettre en œuvre ces réductions, respectant les modalités de nos conventions collectives. De plus, nous avons commencé des discussions avec nos syndicats pour faire évoluer nos méthodes de production, afin d'améliorer notre efficacité et de transformer notre façon plus traditionnelle d'interagir sur les enjeux de production, espérant ainsi travailler à réduire ce chiffre de 650 autant que possible.
Si vous êtes un des Radio-Canadiens ou CBCers qui nous quitteront, je vous promets que vous serez traités équitablement, avec toute la dignité et la reconnaissance que vous méritez pour vos années passées avec nous. Nous vous donnerons aussi le soutien dont vous pourriez avoir besoin pour traverser cette période difficile.
Pour ceux d’entre vous qui verront vos amis partir, laissez-moi vous dire que nous sommes conscients des défis que ces départs créeront. Nous traverserons cette période ensemble en faisant ce qu’il faut pour y arriver.
J’aimerais redire à tous ceux qui écoutent ce message aujourd’hui qu’à notre époque, où tout autour de nous change constamment, nous devons nous adapter plus rapidement. Nous allons donc concentrer nos efforts sur l’Apprentissage et le Développement pour vous permettre de progresser sur le plan professionnel et d’approfondir vos connaissances afin d’être les mieux outillés pour fonctionner dans un environnement multiplateforme et suivre l’évolution des modes de production. En retour, je vous demande d’accepter les principes de flexibilité et d’agilité dans nos façons de faire. Nous devons rendre nos emplois plus évolutifs, nous devons devenir davantage une organisation apprenante capable de suivre le rythme du changement afin de créer davantage de possibilités et de rendre nos emplois moins vulnérables.
Conclusion
Il est important de comprendre que ce plan sera suivi de près et rajusté au besoin étant donné (i) qu’il sera mis en œuvre sur une période de trois ans et (ii) qu’il dépendra fortement de la force du marché publicitaire et du marché de l’immobilier, et de nos revenus globaux pendant cette période. Par exemple, notre plan présume que le Fonds pour l’amélioration de la programmation locale du CRTC restera en place et que nous continuerons d’y avoir accès, généralement comme le prévoient les règles actuelles. Comme vous le savez, des audiences publiques doivent avoir lieu dans quelques semaines sur ce Fonds qui est à l’étude actuellement.
Parce que ce plan sera constamment surveillé et rajusté au cours des trois prochaines années, cela signifie que beaucoup de nos initiatives en matière d’efficience ne cesseront jamais. Par exemple, Stratégie 2015 exige que nous soyons plus souples et que nos employés soient davantage responsables de leurs décisions. J’ai donc demandé à Roula et à Suzanne d’étudier de près nos niveaux de gestion et de m’en faire rapport, particulièrement en ce qui concerne le ratio employés-gestionnaires. Je leur ai également demandé de nous comparer sur ce plan avec les meilleures organisations, tout cela dans le but d’accélérer nos processus décisionnels et de nous rendre plus efficaces.
De plus, ce plan comporte d’innombrables rajustements à notre programmation et à nos grilles.
De façon générale, les mesures prises pour faire face aux pressions financières de 200 millions de dollars se répartissent comme suit : les Services français contribueront environ 64 millions de dollars, les Services anglais environ 86 millions et la transformation de RCI et les services hors médias environ 50 millions de dollars. Environ 81 % des réductions d’ETP dans les composantes médias affecteront les réseaux, tandis que 19 % toucheront les régions.
Finalement, une dernière information, pour mettre les choses en perspective. Même si l’objectif du PARD était de réaliser des gains d’efficience, les mesures pour atteindre notre objectif n’ont pas pu s’y limiter. Plus simplement, notre plan de redressement financier de 2009-2010 était fondé sur des gains d’efficience. Les mesures prises aujourd’hui ne se limitent pas à ça comme vous l’avez entendu : ces gains d’efficiences représentent seulement 41 % de nos réductions. Cinquante-neuf pour cent des mesures que nous annonçons aujourd’hui touchent nos émissions et nos services.
Voilà, vous savez ce que nous réserve l’avenir. Comme vous pouvez le voir maintenant, ces mesures ne sont pas proportionnelles dans toute l’organisation, mais elles sont surtout stratégiques et toutes liées afin de protéger notre mandat et notre plan stratégique.
Ce ne sont pas des nouvelles faciles à entendre, j’en suis sûr, et il faudra quelque temps pour les digérer. En ce qui concerne les personnes, la situation est évidemment difficile.
Même si ce sont de mauvaises nouvelles, nous ne pouvons pas nous permettre de faire comme si le reste n’existait plus.
Jusqu’à présent, les choses se sont exceptionnellement bien passées, que ce soit dans la progression de la mise en œuvre de notre plan pour 2015 ou nos succès de programmation.
Ne perdons pas ça de vue.
Toutes les études réalisées cette année montrent que les Canadiens, nos auditoires et les leaders d’opinion de tout le pays accordent un immense soutien à la radiodiffusion publique. Au-delà de sa nécessité, ils croient toujours fermement en l’avenir de la radiodiffusion publique. C’est évidemment ce que je crois aussi. Même si nous n’allons peut-être pas aussi loin aussi vite que nous le voulons, nous trouverons quand même des moyens d’y arriver.
Malgré les mauvaises nouvelles et les difficultés qui nous attendent, nous devons rester lucides, rester concentrés sur ce que nous avons à offrir aux Canadiens : des valeurs culturelles, démocratiques, une programmation distinctive, qui se fait le reflet des régions pour les Canadiens et pour le pays, et du contenu numérique à leur convenance. Nous devons montrer aux Canadiens et à nous-mêmes que nous pouvons surmonter les épreuves et continuer d'évoluer pour devenir le radiodiffuseur public moderne dont ce pays a besoin. Et nous devons agir rapidement.
Ensemble, je sais que nous pouvons — et pourrons — traverser cette épreuve sans nous tromper.
Nous allons maintenant vous laisser la parole pour répondre à vos questions