(LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI)
Merci à Mark et aux organisateurs de m’avoir invitée à prendre la parole aujourd’hui.
Lorsqu’il m’a envoyé l’invitation, Mark m’a dit qu’il pensait que les délégués aimeraient peut-être en savoir davantage sur ce que CBC a accompli dans le domaine du numérique et le contenu que nous avons développé.
Alors, même si nous ne sommes pas nécessairement intégrés verticalement, même si nous ne sommes pas une entreprise de télécommunications, ce que nous faisons, et le contenu développé par CBC fait partie intégrante de l’écosystème médiatique canadien.
C’est ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui.
J’aimerais vous donner un aperçu de l’avenir du numérique chez un radiodiffuseur canadien. Et plus particulièrement à CBC, le radiodiffuseur de service public. Comment choisissons-nous une direction au travers des changements et des innovations qui surviennent dans l’industrie des médias, en nous assurant de rester concentrés sur la création d’un contenu canadien de très grande qualité?
Un contenu que nous voulons voir les Canadiens utiliser, créer et, nous l’espérons, aimer.
Concernant notre avenir dans le numérique, vous devez savoir que l’innovation et l’intégration sont importantes à CBC.
Je voudrais également vous parler de la façon dont les autres radiodiffuseurs publics et leurs gouvernements travaillent ensemble pour définir la radiodiffusion publique dans le monde d’aujourd’hui, pour vous donner un aperçu du rôle de la radiodiffusion publique dans le numérique. Enfin, je voudrais expliquer l’importance et l’utilité du rôle que peut jouer CBC dans des partenariats au sein de l’écosystème médiatique canadien.
Ici au Canada, nous vivons des moments très intéressants. Notre pays est dans une position unique.
Nous vivons à proximité d’un cousin gigantesque qui influence énormément nos réalités politiques, sociales et économiques.
Combiné aux avancées technologiques qui se produisent rapidement dans le monde et qui modifient constamment notre paysage, cela nous pose toute une série de défis.
Face à un défi énorme, l’innovation représente l’une des meilleures façons de réagir.
Nous avons de la chance. Le Canada compte tellement de personnes talentueuses – et nous, les Canadiens, avons depuis longtemps l’esprit d’innovation. Depuis l’invention du téléphone, nous sommes un pays fait pour innover considérablement dans les médias et les communications.
Le terme « innovation » risque de devenir un cliché. Dans le pire des cas, il semble désigner une catégorie spéciale d’entreprises accessible à un très petit nombre (parce que c’est risqué). C’est parfois considéré comme une classe de luxe qu’on ne peut se payer en cette période d’austérité, que nous devrions retourner à la base, ou, comme le magazine Maclean’s l’a suggéré récemment que nous devrions continuer à « tricoter », c’est-à-dire à faire ce que nous avons toujours fait.
Merci à ce média imprimé pour le judicieux conseil. Mais nous pensons que l’innovation n’est pas simplement une forme « sexy » de R&D accessible à quelques-uns. Aujourd’hui, dans notre secteur d’activité, je pense que nous savons tous que l’innovation est la voie à suivre. Personne ne peut se permettre de rester à l’écart et de l’ignorer.
L’innovation prend son importance parce qu’elle exige de la discipline, et qu’elle n’est pas seulement un slogan de gestionnaires. Elle exige de s’engager réellement pour regarder vers l’avant et choisir la meilleure voie. Être souple face à de nouveaux défis et à de nouvelles possibilités et continuer à aller de l’avant.
Je faisais référence au Maclean’s à propos d’un article récent concernant notre démarche supposément audacieuse dans l’univers du numérique. CBC est un radiodiffuseur, disait-on, et en vertu de notre mandat le plus récent, notre responsabilité, notre travail consiste à informer, éclairer et divertir à la télévision et à la radio.
À 75 ans, il semble que nous ne nous contentons pas de faire ce que nous avons toujours fait en nous aventurant dans ce nouvel univers étrange du numérique et d’Internet. Comme Maclean’s le soulignait, tâter de l’Internet ne fait certainement pas partie de notre mandat tel qu’il a été rédigé...
Il a été rédigé en 1968. Bien avant l’arrivée d’Internet. En fait, autour de l’époque où JE SUIS NÉE. CELA fait très longtemps.
Le radiodiffuseur CBC a vu le jour en 1936, ce qui coïncide à peu près avec l’époque où mes parents sont nés. Et je pense qu’’ILS n’aimeraient pas se faire de dire de continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait.
Avec deux générations distinctes, nous savons que nous avons besoin que CBC évolue pour inclure une nouvelle génération de Canadiens.
C’est peut-être triste pour quelques-uns, mais je regrette de vous dire qu’on ne fait plus de tricot, de crochet et de macramé. Nous savons clairement ce que nous faisons. Nous sommes un radiodiffuseur. Un radiodiffuseur public moderne.
CBC crée de très bonnes émissions distinctives et de grande qualité dans les domaines de l’information, des sports, pour les enfants, du documentaire et du divertissement. Et le radiodiffuseur public que nous sommes les distribue sous des formes que veulent les Canadiens.
C’est intéressant d’examiner le plan de CBC pour le numérique en fonction de ce que d’autres radiodiffuseurs publics font et de leurs mandats.
Dans des pays développés comme la Grande-Bretagne et l’Australie, les radiodiffuseurs publics ABC, SBS et la BBC sont de facto indépendants de l’industrie des médias pour la R&D dans le numérique, comme l’a mentionné récemment Mark Scott, directeur général de ABC. Faire bénéficier le public des technologies et des services de communications émergents constitue l’un des six objectifs de service public de la BBC contenus dans la Charte du gouvernement britannique.
Autre exemple : dans le dernier budget du gouvernement australien, SBS et ABC ont vu leur budget augmenter, 15 M$ dans le cas de ABC consacrés au développement de nœuds locaux à large bande pour créer du contenu local diffuser sur large bande.
L’appétit des Canadiens pour le contenu numérique est énorme. Les chiffres publiés par Comscore montrent qu’ils regardent plus de vidéo en ligne par personne que dans tout pays développé important – plus qu’aux États-Unis ou qu’en Grande-Bretagne.
Je l’ai dit, le Canada est un pays d’aventuriers, de pionniers, d’innovateurs. Cela met beaucoup de pression sur nous tous, les producteurs de contenu et les exploitants de plateformes numériques.
Même si cette pression est sans relâche, c’est une bonne pression parce que c’est l’appétit du public qui force l’industrie à continuer de s’engager pour développer du nouveau contenu, de nouvelles applications et à s’assurer que les réseaux large bande sont plus rapides.
Un mot maintenant sur la stratégie numérique de CBC.
Les changements que nous avons apportés à CBC font en sorte que le numérique est omniprésent à ce moment-ci. Il doit l’être – et il est inscrit dans tout notre contenu et toutes nos décisions de radiodiffusion.
En termes de structure organisationnelle, c’est insensé de confier le numérique à un service expérimental. Peu après avoir pris ce poste à CBC, j’ai démantelé le service numérique et les compétences ainsi que l’expérience que nous avions à l’interne ont été redéployées dans toute l’organisation.
L’évolution a obligé CBC à tenir compte des possibilités et des applications du numérique dans tout ce que nous faisons. Penser à la façon de créer du contenu en symbiose en tenant compte de sa distribution pour que ce soit partie intégrante du développement du contenu.
Appelez cela un programme tous azimuts ou comme vous voulez. Ce qui est clair, c’est que le numérique n’est pas quelque chose de complémentaire. Il a une influence et parfois il crée l’étincelle pour créer du contenu. Tout comme le contenu a une influence sur les innovations numériques développées pour le traiter et le distribuer.
Aujourd’hui, CBC possède une stratégie globale pour créer et offrir du contenu, peu importe la plateforme. Nos résultats ont augmenté de façon remarquable depuis ce changement. Le numérique nous fait vivre une renaissance à tellement de niveaux à CBC. Comme cela a toujours été le cas, notre stratégie consiste à nous concentrer sur les désirs et les besoins des Canadiens que nous servons à CBC –notre évolution et notre croissance se font au même rythme qu’eux.
Cbcmusic (notre nouveau service de musique), cbchamilton (notre premier service entièrement numérique pour les nouvelles, la météo, la circulation et plus encore), cbclive (notre outil de promotion des médias sociaux pour la programmation canadienne) ne sont que quelques-unes de nos innovations récentes dans le numérique.
L’un des derniers joueurs non intégrés au Canada, CBC a comme objectif de créer et de distribuer du contenu canadien avant tout. Pour nous, CBC et le reste de l’industrie canadienne sont interdépendants dans le développement du numérique pour joindre les Canadiens.
C’est dans notre intérêt mutuel que le secteur des communications soit sain et concurrentiel.
Même si nos rôles et nos fonctions sont différents, ces différences nous donnent l’occasion de nous renforcer ensemble.
C’est extrêmement important parce que, à l’heure actuelle, les services en ligne et d’autres services qui offrent du contenu sont très peu réglementés. Lorsque l’inévitable distribution par câble traditionnelle cessera, c’est à ce moment-là que seuls les plus forts survivront. Et pour survivre à l’emprise de notre énorme cousin au sud et dans le monde en général, il sera très difficile d’écraser une industrie qui devance les besoins du public et lui offre la connectivité et le contenu qu’il réclame.
Nous savons tous que ce n’est pas facile de se préparer pour le long terme lorsqu’on essaie d’équilibrer son budget cette année. Nous sommes tous confrontés à ce défi, que ce soit au sein des conseils d’administration ou au sein de nos équipes.
Laissez-moi maintenant vous présenter une vidéo qui montre ce que nous avons mis en place à CBC au cours des derniers mois dans le cadre de la réorganisation de nos activités pour affronter une nouvelle réalité avec moins de ressources.
videoRegarder la vidéo (en anglais seulement)
Cela vous donnera une idée des priorités de CBC et de la façon dont nous entendons respecter notre mandat de servir le mieux possible les Canadiens compte tenu de nos moyens financiers. Comme je l’ai dit à de nombreuses personnes en parlant de la réduction de notre budget, le besoin est le moteur de l’invention. Je suis fière de ce que cette équipe a développé pour répondre à des besoins très réels...
Nous savons que c’est important non seulement pour CBC de respecter son mandat envers les Canadiens.
Le rôle de CBC comme radiodiffuseur se situe dans un écosystème médiatique canadien beaucoup plus grand. Nous dépendons tous les uns des autres comme créateurs, consommateurs et distributeurs de contenu.
Récemment, quelqu’un a dit que la distribution est la clé de voûte. J’ajouterai que le contenu est la pierre d’assise. C’est la question de l’œuf et de la poule que nous n’avons plus besoin de débattre. Le contenu et la consommation sont devenus tellement reliés.
Depuis l’époque où l’on vendait des téléviseurs en couleur en faisant la promotion d’événements comme le Couronnement royal, le Superbowl ou la Coupe Stanley jusqu’à aujourd’hui où les appareils permettent et encouragent en fait une plus grande consommation de contenu. Par exemple, après la sortie du dernier iPad d’Apple, la consommation de vidéo a augmenté de 26 pour cent.
C’est un fait : nous ne pouvons offrir notre contenu au public sans distribution, et les distributeurs n’auraient pas de raison d’être sans un bon produit à distribuer. La variété et la quantité d’appareils et d’applications font en sorte qu’il y a beaucoup de monde avide de contenu.
Et les consommateurs de ce contenu veulent y avoir accès rapidement, facilement et à faible coût – c’est ce qui nous pousse à aller de l’avant les uns les autres. CBC sera toujours le meilleur endroit pour produire du contenu canadien dans les domaines de l’information et du sport. Et les Canadiens vont utiliser vos appareils et vos plateformes pour l’obtenir.
Cette nouvelle réalité offre des possibilités et des occasions dont nous pouvons tous tirer profit pour nous assurer que le Canada continue d’avoir un solide écosystème médiatique. Je ne pense pas que nous avons le temps de semer la zizanie. Nous avons l’occasion de tirer parti de ce que chaque entreprise canadienne a à offrir pour que notre industrie reste solide.
Les innovations peuvent être perçues comme une menace pour notre industrie, ou nous pouvons choisir de reconnaître les occasions qui se présentent dans ces défis et mettre l’accent sur ce qui nous donne un avantage concurrentiel unique en tant que pays.
Parce que les Canadiens adorent le contenu canadien – que ce soit la musique, les livres ou la télévision. En créant des partenariats et en tirant le maximum de notre avantage concurrentiel unique, assurons-nous que les Canadiens ont accès à leurs propres histoires, à leur propre contenu par les moyens traditionnels et numériques, sous n’importe quelle forme, n’importe quelle plateforme qui leur convient.
Merci mesdames et messieurs. Je vous souhaite beaucoup de succès alors que prend fin aujourd’hui le 2012 Canadian Telecom Summit.