(LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI)
Aujourd’hui, nous utilisons des téléphones intelligents, des tablettes. Nous naviguons sur le web avec une multitude d’appareils, n’importe où et à tout moment. Nous utilisons les réseaux sociaux pour communiquer avec notre famille, nos amis et nos collègues. Presque tout est disponible à partir d’un simple bouton et on veut pouvoir le faire encore plus vite.
Lorsque j’ai pris ce poste en 2008, le iPhone n’était pas encore apparu au Canada. Le iPad n’existait pas. Facebook comptait seulement 100 millions d’utilisateurs. Au Canada, les radiodiffuseurs importants étaient plus ou moins indépendants. Les téléspectateurs suivaient les grilles établies par les télédiffuseurs pour pouvoir regarder leurs émissions. La télévision HD en était à ses débuts. La radio nécessitait une radio pour l’écouter.
Lehman Brothers avait encore le vent dans les voiles; l’économie mondiale ne s’était pas encore écroulée et la Grèce était une destination vacances avec ses eaux bleues et ses oliviers, et ne faisait certainement pas la manchette de nos journaux ou des pages économiques. Ma première fille n’était pas encore née. J’en ai maintenant deux.
Comme les temps ont changé.
Ces changements ont été fascinants. Il en a été de même pour le plus grand défi de CBC/Radio-Canada : en ces temps particuliers, comment le radiodiffuseur public du deuxième plus grand pays du monde et de l’un des plus diversifiés pouvait-il être pertinent? Avec tous ces mouvements en toile de fond, nous ne pouvions faire du sur place ni offrir un service moins intéressant. Chose certaine, l’environnement de la radiodiffusion, lui, n’était pas statique. Alors, nous devions nous adapter, évoluer. Et y parvenir avec les ressources que le gouvernement nous fournissait en plus des autres revenus que nous pouvions générer par nous-mêmes. Nous ne demanderions pas et n’avons pas depuis demandé plus d’argent.
Ce qui s’est produit par la suite, c’était à nous de le façonner : avec les Canadiens et pour les Canadiens. C’est ce qui nous a amenés à développer notre plan Stratégie 2015, Partout, Pour tous. J’y reviendrai dans quelques instants.
On se rappellera de 2008, l’année de la crise financière mondiale qui s’est accompagnée de la dégringolade des revenus des radiodiffuseurs partout dans le monde. En 2009, nous faisions face à un manque à gagner de 171 millions de dollars dans notre budget. Nous avons réduit notre effectif de 800 postes équivalents temps plein et vendu divers actifs pour dégager les fonds temporaires nécessaires pour traverser cette période. Nous avons réduit nos coûts autant que nous le pouvions. Deux ans plus tard, nous avions réussi à nous sortir de cette situation difficile et à équilibrer notre budget.
Entre-temps, nos émissions et nos services obtenaient du succès auprès de plus de Canadiens que jamais auparavant. Tout cela grâce à nos personnes, à ceux et celles que vous voyez et entendez tous les jours (comme Amanda, Dwight Drummond, Jian Ghomeshi, Anne-Marie Mediwake ou Anna Maria Tremonti), et à ceux et celles qui travaillent en coulisses.
Au même moment, nous devions nous adapter à notre environnement concurrentiel. En 2008, c’était surtout dans les salles de conférences aux quatre coins du pays que l’on parlait de l’intégration verticale. Dans le paysage médiatique canadien, il y avait encore beaucoup de sociétés indépendantes réparties dans les différents secteurs des médias. Plus maintenant.
Aujourd’hui au Canada, quatre entreprises contrôlent la grande majorité du contenu médiatique : Bell, Rogers, Shaw et Québecor. Elles ont une influence énorme sur le système de radiodiffusion et un pouvoir dominant sur le marché. Ensemble, elles contrôlent près de 85 % de tout le marché de la télévision. En fait, selon le dernier rapport du CRTC, ces quatre sociétés plus Telus contrôlent 83 % de tous les revenus de la radiodiffusion et des télécommunications.
Un niveau de concentration jamais vu auparavant. Avant l’offre de Bell pour acquérir Astral Media en mars, CBC/Radio-Canada était le seul télédiffuseur national généraliste au pays qui n’était pas la propriété d’une entreprise de distribution par câble ou par satellite. Elle est maintenant également le seul réseau de radio national qui n’est pas la propriété d’une telle entreprise.
Tout juste cette semaine, BCE a étendu ses tentacules en achetant Q9, l’un des plus importants fournisseurs de services de centres de données impartis au Canada, ce qui lui permet de prendre le contrôle de marchés connexes sur lesquels comptera l’industrie de la radiodiffusion de demain. Les signaux vidéo et audio exigent un grand débit de données et le succès des sociétés médiatiques dépendra de leur capacité à mettre à la disposition des consommateurs toujours de plus grandes quantités de contenu numérique de façon rapide, rentable et sur de multiples appareils.
Ce qui est en jeu, c’est la diversité et la gamme des voix dans les médias canadiens. C’est quelque chose qui devrait intéresser tous les Canadiens. Malgré la quantité et le choix presque illimités de contenu disponible, la télévision anglaise offre très peu de contenu canadien et un petit nombre d’entreprises ayant des intérêts commerciaux contrôle presque tout le reste.
Et c’est là que la radiodiffusion publique entre en jeu.
Dans cette diapo qui montre les grilles de CBC, de CTV et de Global aux heures de grande écoute la saison dernière, les blocs rouges représentent la programmation canadienne par rapport à ce qui n’en est pas, les blocs bleus.
C’est là que le radiodiffuseur public national a un rôle unique à jouer, un rôle qu’aucun autre radiodiffuseur ne peut, ne veut ou, franchement, ne pourrait jouer pour des raisons liées au marché et à cause des modèles d’affaires. C’est précisément pour jouer ce rôle que nous sommes là.
Attardons-nous quelques minutes à l’écosystème de la radiodiffusion, parce que c’est un sujet mal compris.
CBC/Radio-Canada est non seulement une entreprise unique par son engagement envers la programmation canadienne, mais unique parce que nous sommes le seul radiodiffuseur important qui ne contrôle pas de plateformes de distribution.
Dans certains milieux, les conversations à notre sujet commencent souvent de la façon suivante : CBC/Radio-Canada – qui reçoit un milliard de dollars du gouvernement – fait injustement concurrence à tous les autres radiodiffuseurs du secteur privé qui, dit-on, sont injustement désavantagés au plan économique, du fait, soutiennent-ils, qu’ils ne reçoivent aucuns fonds publics.
C’est faux. Toutes les entreprises médiatiques reçoivent un appui considérable (i) de sources comme le Fonds des médias du Canada et le Fonds pour l’amélioration de la programmation locale, et (ii) directement ou indirectement, des avantages fiscaux ou réglementaires, qui sont spécialement conçus et mis en place pour appuyer la réalisation d’objectifs législatifs.
Regardons les chiffres.
Les subventions et autres avantages publics – directs ou indirects – que les radiodiffuseurs privés reçoivent sont près de 900 millions de dollars par année.
Voilà pourquoi je dis depuis des mois que dans ce pays, les radiodiffuseurs entièrement privés n’existent pas. Je ne dis pas que c’est mauvais ou inapproprié. Je ne suis pas contre le fait que les radiodiffuseurs privés aient accès à ces sommes. J’énonce simplement un fait.
Il n’existe aucun modèle économique viable capable de soutenir une solide industrie canadienne de la radiodiffusion sans une réglementation et des subventions publiques. C’est tout simplement trop facile et trop rentable d’acheter et de présenter des émissions américaines.
Les émissions canadiennes coûtent cher. Alors, pourquoi continuer à en produire? Parce qu’un grand pays diversifié, dont la population est dispersée géographiquement, qui n’a pas les moyens de raconter ses propres histoires, de partager ses expériences communes, de débattre ses enjeux, ne reste pas uni longtemps. La télévision et la radio ne sont peut-être pas les seuls moyens de rapprocher les Canadiens. Mais ce sont sûrement, pour le moment, les moyens les plus efficaces et les plus rentables.
Vérité peut-être désagréable, mais toute simple : la culture et le contenu canadiens constitueraient le plus grand échec d’un modèle de radiodiffusion purement économique dans ce pays – point.
Sans le radiodiffuseur public, il y aurait moins d’histoires canadiennes racontées, partagées et vécues, et la viabilité du secteur de la production médiatique canadienne serait grandement fragilisée.
Dans notre système mixte, le défi consiste à s’assurer que tant le secteur public que le secteur privé ont les capitaux nécessaires, les modèles d’affaires et les ressources pour continuer à évoluer et offrir aux Canadiens un contenu unique sur toutes les plateformes.
Nous évoluons tous dans le même environnement. Malgré le fait que nous jouons des rôles différents, ce qui ne fait aucun doute, il est dans notre intérêt mutuel de faire en sorte que les Canadiens continuent d’être satisfaits et de maintenir les liens entre eux. Nous devrions le reconnaître.
Le moment est opportun pour cette discussion pour deux raisons : premièrement, une décision est attendue concernant l’avenir du Fonds pour l’amélioration de la programmation locale, un dossier actuellement à l’étude au CRTC; deuxièmement, le CRTC renouvellera nos licences en novembre après quelques faux départs. En fait, nos licences ont été renouvelées la dernière fois en 1999-2000.
Le FAPL a été créé il y a trois ans pour améliorer la viabilité des stations de télévision dans les petits marchés après la fermeture d’un certain nombre de stations locales et la menace qui planait sur d’autres. Ce sont les téléspectateurs canadiens dans les marchés dont la population est d’un million d’habitants ou moins qui en bénéficient. Ce Fonds a connu un succès remarquable en permettant de stabiliser la position financière des stations de télévision locale et d’augmenter de façon importante le niveau et la qualité de la programmation locale dans les services de télévision des radiodiffuseurs publics et privés.
Ce Fonds a permis à CBC d’offrir aux téléspectateurs des marchés locaux plus de 30 % d’émissions d’information et d’autres émissions de grande qualité, comme Land and Sea sur la côte Est, entre une heure et une heure et demie d’émissions d’information en début de soirée dans sept des huit marchés admissibles, d’ajouter des bulletins de nouvelles en fin de soirée dans tous les marchés admissibles et d’améliorer la couverture locale des sports, d’événements spéciaux, des élections, des nouvelles de dernière heure et de la météo.
De son côté, Radio-Canada a, cette année, diffusé au total plus de 5 000 heures de programmation locale dans les marchés admissibles – c’est 23 % de plus qu’avant la création du Fonds.
C’est nous, le public, qui finançons le FAPL par l’entremise des entreprises de distribution par câble et par satellite. Sur la facture que je reçois chez moi de mon câblodistributeur, on voit clairement que 2,19 $ va au FAPL. Comme vous pouvez l’imaginer, si le CRTC décide de réduire ou d’éliminer le Fonds, comme certains groupes l’encouragent fortement à le faire, cet argent disparaîtra et la programmation locale en souffrira encore une fois.
Quant au renouvellement de nos licences, le CRTC nous a avisés que les audiences auront lieu à l’automne, à compter du 19 novembre.
Nous souhaitons que nos conditions de licence nous permettent de poursuivre la transformation du radiodiffuseur public. Étant donné que l’industrie continue de se diriger vers une plus grande déréglementation, le radiodiffuseur public a absolument besoin d’un cadre réglementaire souple qui lui permettra de devenir une entreprise plus distinctive, plus régionale et plus numérique.
Le FAPL et le renouvellement des licences : deux raisons pour lesquelles il est important maintenant que les Canadiens comprennent le fonctionnement de l’écosystème et, plus important encore, ce qu’il faut pour qu’il continue de fonctionner – un solide équilibre entre les intérêts du secteur public et du secteur privé.
Puisque nous parlons de sujets d’actualité, je vais poursuivre et tenir pour acquis que tout le monde dans cette salle sait que, dans le dernier budget, nos crédits ont été réduits de 115 millions de dollars sur trois ans. Lorsqu’on ajoute les augmentations de coûts inévitables et les investissements nécessaires pour poursuivre notre transformation, nous devrons en réalité réduire notre budget annuel de 200 millions de dollars au cours des trois prochaines années, en plus de trouver 25 millions de dollars pour les indemnités de cessation d’emploi.
Nous ne pouvons être tout à la fois pour tout le monde. Quelques activités, qui ne sont pas au cœur de notre mandat ou qui arrivent à la fin de leur cycle de vie, sont en train de cesser. À travers l’un ou l’autre de nos services, nous avons comme défi de représenter quelque chose et de signifier quelque chose de spécial pour tous les Canadiens.
Nous prévoyons être en mesure de compenser le trou de 200 millions de dollars en générant 50 millions de nouveaux revenus – c’est-à-dire en doublant nos revenus provenant du numérique, en augmentant notre stock publicitaire à la télévision, en introduisant de la publicité sur deux chaînes de radio musicales qui n’en avaient pas et en louant de l’espace excédentaire dans nos immeubles.
Ce qui nous laissera un défi d’environ 150 millions de dollars. Cela aura évidemment des répercussions importantes sur nos services, notre organisation et notre personnel. Nous prévoyons que jusqu’à 650 postes seront éliminés sur trois ans, dont environ 475 cette année.
Nous économiserons 20 millions de dollars en abandonnant des services qui arrivent à la fin de leur cycle de vie : nous fermerons nos 620 émetteurs de télévision analogiques qui constituent la plus importante infrastructure de transmission au monde.
Notre service de radio international cessera également d’émettre sur ondes courtes. En fait, il sera complètement transformé pour diffuser sur le web dans cinq langues : français, anglais, espagnol, arabe et mandarin.
Nous allons économiser 100 millions de dollars en faisant des centaines de choses différemment, que ce soit en tirant parti des technologies numériques, en réduisant les dépenses de production par l’élimination de processus dépassés, en vendant bold, l’une de nos quelques chaînes spécialisées et en annulant le développement de trois autres. Nous allons également réduire la programmation dans les secteurs de la musique, des sports et même de l’information, ainsi que notre empreinte immobilière de 800 000 pieds carrés d’ici à 2017.
Même après avoir fait tout cela, nous devrons modérer les ambitions de notre Stratégie 2015 de l’ordre de 30 millions de dollars. Il se peut que le public, qui n’a pas bénéficié de ces nouveaux services, soit plus choqué par d’autres gestes que nous posons – comme de devoir annuler Connect ou Dispatches, de réduire l’étendue de notre programmation sur le sport amateur, de fermer les émetteurs analogiques ou d’introduire de la publicité sur Radio 2 par exemple – mais, pour moi, c’est le ralentissement de la Stratégie 2015 qui est le plus dur en raison des répercussions sur notre avenir.
Malgré tout cela, et malgré que notre financement passera de 34 dollars à 28,60 dollars par Canadien par année, nous avons l’intention au cours des trois prochaines années de respecter notre engagement à devenir une entreprise plus distinctive, plus régionale et plus numérique.
Voici un vidéoclip qui montre ce que les Canadiens obtiennent aujourd’hui en retour de cet investissement…
Je trouve intéressant de voir que dans ce qui s’est passé avant, pendant et après l’annonce concernant le budget, des discussions et des débats ont eu lieu partout au pays sur le rôle et l’avenir de la radiodiffusion publique. Que ce soit dans le Toronto Star, par l’entremise de Friends of Canadian Broadcasting ou de Reimagine CBC.
J’ai écouté et j’ai été intéressé par la passion, le sens d’être partie prenante et de l’appartenance des gens. Tout le monde devrait se sentir libre d’exprimer des opinions sur notre stratégie, notre programmation ou notre mandat, notre existence, les services que nous offrons ou le coût de ces services. Je pense que c’est sain et nécessaire et j’apprécie ces points de vue nouveaux et diversifiés.
L’expansion de nos services sur de multiples plateformes alors que nos budgets diminuent tous les ans nous a obligés à devenir une organisation remarquablement allégée et efficace. Compte tenu des ressources financières dont nous disposons, nous sommes fiers de la valeur que nous offrons aux Canadiens.
Une étude effectuée récemment par Deloitte (que nous avons publiée en juin 2011) montre que pour chaque dollar que nous recevons des Canadiens, nous générons près de quatre dollars pour l’économie canadienne.
Cette étude conclut aussi que, privatisée, la contribution à l’économie de CBC/Radio-Canada serait inférieure de 1,3 milliard de dollars à ce qu’elle est actuellement. Pourquoi? Parce que, selon l’étude, CBC/Radio-Canada privatisée livrerait une lutte plus importante aux autres radiodiffuseurs pour les revenus publicitaires, commanderait moins d’émissions canadiennes et dépenserait plus d’argent pour la programmation étrangère.
En plus de l’impact financier, l’industrie perdrait le caractère stable et prévisible des investissements que nous faisons dans la programmation canadienne. Pour l’année de radiodiffusion 2011, nous avons investi 704 millions de dollars dans la programmation canadienne, un montant qui représente plus que les 512 millions de dollars investis par tous les grands radiodiffuseurs généralistes privé réunis.
Puis, il y a la question de savoir si le radiodiffuseur public devrait être élitiste ou populaire, que pour régler le cas de CBC, le gouvernement n’a qu’à choisir entre une CBC élitiste qui offre des émissions artistiques aux heures de grande écoute ou une CBC populaire.
C’est un argument qu’on entend depuis longtemps maintenant. Il a tendance à être mis de l’avant par des gens qui tiennent compte uniquement de CBC Television et non pas de toute la gamme de nos services. Le Canada est un pays beaucoup trop complexe et beaucoup trop diversifié pour être réduit à ce genre de simplification. La même chose est vraie de la radiodiffusion publique. Aujourd’hui, nous offrons 30 services. La musique classique, les émissions pour enfants et les émissions de téléréalité ont toutes leur place et répondent aux besoins de Canadiens.
Mon travail et celui de tous les employés de CBC/Radio-Canada consistent à répondre aux besoins de tous les Canadiens en matière de radiodiffusion. Allez voir nos services. Examinez nos grilles et notre offre en ligne. Parmi tout ce que nous faisons pour les Canadiens, vous trouverez une vaste gamme de services et d’émissions qui sont beaucoup plus que le reflet des valeurs d’une petite élite et qui s’adressent à divers auditoires parmi les Canadiens sans sacrifier la signification culturelle, la raison d’être ou la qualité que les Canadiens attendent de nous. Et nous allons le faire en continuant à évoluer, en lien avec notre mandat, d’une façon nouvelle et moderne.
Stratégie 2015 : Partout, Pour tous, c’est notre vision pour devenir le chef de file pour exprimer la culture canadienne et enrichir la vie démocratique.
Fruit d’une année complète de travail, ce plan se concentre sur trois axes : (i) devenir plus canadien et distinctif dans notre programmation aux heures de grande écoute, (ii) être plus régional que jamais en cherchant à offrir des services à six des sept millions et demi de Canadiens qui ne sont pas desservis ou qui sont mal desservis par nos services locaux, et (iii) être de plus en plus numérique dans la prestation de nos services, tout cela en étant efficient et responsable.
Nous savons exactement où nous nous en allons. Cela n’a jamais été aussi clair.
Regardons les résultats que nous avons obtenus jusqu’à maintenant dans la mise en œuvre de notre plan.
Nous avons annoncé nos plans afin d’offrir ou d’améliorer des services locaux et régionaux pour plus de six millions de Canadiens et d’ajouter de nouvelles émissions d’information locales le week-end à la télévision, à la radio et sur Internet dans des marchés régionaux clés.
Tout juste le mois dernier, nous avons lancé CBC Hamilton, un nouveau service numérique qui offre une expérience dynamique avec du contenu mis à jour qui s’adresse aux résidents de Hamilton et de ses environs et qui est maintenant disponible à CBC.ca/Hamilton. Ce n’est pas de la télévision ni de la radio – il n’y a pas de fréquences disponibles à Hamilton. Nous tirons plutôt le plein potentiel du web pour offrir aux résidents de cette communauté l’information locale à jour qu’ils veulent.
De nouveaux services locaux pour Kamloops, London et la région de Waterloo sont prévus plus tard en 2012-2013 et pour Saskatoon à l’été 2013.
Nous avons lancé CBC Music – le nouveau service de musique numérique canadien offert gratuitement sur Internet et les appareils mobiles : 40 stations de radio web, 14 communautés distinctes par genres, des concerts, des longs métrages et plus encore pour réunir les mélomanes canadiens en ligne à cbcmusic.ca. Plus de 29 000 artistes canadiens ont téléchargé leur contenu sur CBCMusic. Plus de 130 000 chansons canadiennes disponibles sur le site. Voilà le genre de service novateur, de calibre mondial auquel devraient s’attendre les Canadiens de leur radiodiffuseur public.
Parallèlement, Radio-Canada a lancé deux nouveaux microsites, Radio-Canada.ca/Rive-Sud et Radio-Canada.ca/Rive-Nord. Cette expérience hyperlocale permet aux résidents de la Rive-Nord et de la Rive-Sud, qui ont une vie dynamique à l’extérieur de Montréal, de se tenir informés, d’échanger des opinions et de réagir aux événements qui les touchent dans leur quotidien.
Radio-Canada a lancé Explora, une nouvelle chaîne spécialisée axée sur la santé, l’environnement, la nature et la science.
C’est tout cela et beaucoup plus que nous avons accompli dans l’année qui a suivi l’annonce de notre stratégie.
Quelle direction maintenant pour CBC/Radio-Canada?
La radiodiffusion publique est au cœur de la culture et de la vie démocratique aujourd’hui au Canada et elle fait avancer à grands pas ce que devrait être un radiodiffuseur public moderne – rapidement et en tenant compte de l’évolution des attentes des Canadiens.
Un sondage effectué en février par Ipsos Reid indique que, pour les Canadiens, CBC est la sixième marque la plus influente au pays, et la seule marque média qui se classe dans le top 10. Les critères retenus : (i) leadership; (ii) fiabilité; (iii) pertinence; (iv) présence; (v) responsabilité d’entreprise et (vi) engagement avec les Canadiens.
Dans le marché francophone, la marque Radio-Canada est aussi présente.
C’est un vote de confiance. Cette confiance et cet appui se sont manifestés lors de l’annonce de la réduction du budget et des changements que nous avons dû faire. Ce n’est pas quelque chose que nous tenons pour acquis. C’est ce qui nous motive à aller de l’avant.
À court terme, deux éléments clés : assurer l’accès au FAPL et obtenir du CRTC un cadre réglementaire souple. Votre appui dans ces dossiers est précieux. Les Canadiens doivent laisser savoir aux décideurs que le système canadien de radiodiffusion fonctionne et qu’il faut que la radiodiffusion publique ait le pouvoir de répondre à leurs besoins d’une manière nouvelle et moderne.
À plus long terme, nous savons que l’univers du numérique est en mouvement perpétuel, qu’il ne s’arrête jamais. C’est également vrai de CBC/Radio-Canada. L’année 2015 est simplement une cible qui n’est pas loin. Même si nous avons encore beaucoup de travail à faire pour y arriver – et de nombreux défis en cours de route – nous devons également commencer à regarder au-delà de 2015 et à planifier.
Le paysage médiatique évolue de telle façon qu’à l’avenir, l’expérience que les médias feront vivre aux usagers sera beaucoup plus importante que le contenu seulement. Il faudra partager, interagir et s’engager dans cette expérience. La créer, la recréer et en faire partie. Participation et collaboration : c’est là que se trouve l’avenir des médias.
Le radiodiffuseur public devra trouver de nouveaux moyens de collaborer et d’accompagner les gens et ce qui sera offert pour s’assurer qu’il est et peut continuer d’être le premier endroit auquel pensent les Canadiens pour vivre l’expérience canadienne, la culture canadienne et la vie démocratique canadienne. Rien de moins.
Avec tout cela en tête, nous nous engageons à créer des espaces publics où vous pourrez mieux comprendre votre monde, votre pays, votre province, votre ville, votre communauté, vos voisins, et y échanger des opinions et partager des expériences sans crainte et en toute confiance.
Ensemble, nous pouvons continuer à créer et à alimenter la culture et la démocratie que nous voulons voir.
Merci de m’avoir écouté.