Renouvellement des licences – Allocution d'ouverture du panel institutionnel

19 novembre 2012, Ottawa

(LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI)

Steven Guiton :

Bonjour monsieur le président, monsieur le vice-président, mesdames et messieurs les conseillers, les membres du personnel.

Je m’appelle Steven Guiton. Je suis vice-président et chef des Affaires réglementaires à CBC/Radio-Canada. J’ai avec moi ce matin les membres du panel institutionnel :

(Panel du 1er rang)
Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada
Kirstine Stewart, vice-présidente principale, Services anglais
Louis Lalande, vice-président principal, Services français.

(Panel du 2e rang)
Marie-Philippe Bouchard, directrice générale de la Planification stratégique
Neil McEneany, directeur général des Finances et Stratégie
Stan Staple, premier directeur de la Recherche et analyse stratégique
Bev Kirshenblatt, première directrice des Affaires réglementaires

Dans un premier temps, nous traiterons des enjeux institutionnels qui ont été mentionnés par le Conseil dans son Avis de consultation. Par la suite, les panels des Services français et des Services anglais présenteront les propositions de la Société pour chacun des services titulaires de licences.

Je laisse maintenant la parole à Hubert.

CBC/Radio-Canada – aujourd’hui et demain

Hubert T. Lacroix :

Bonjour monsieur le président, monsieur le vice-président, mesdames et messieurs les conseillers, les membres du personnel.

C’est un plaisir pour moi d’être avec vous ce matin.

Le monde de la radiodiffusion a beaucoup changé depuis la dernière fois où CBC/Radio-Canada s’est présentée devant le Conseil pour le renouvellement de ses licences en 1999. À cette époque, la radiodiffusion était d’abord et avant tout analogique. Les joueurs régionaux étaient nombreux – radiodiffuseurs et distributeurs. Le service de SRD en était à ses débuts tandis que la vidéo sur Internet était encore un projet pour l’avenir. Les téléphones cellulaires servaient à faire des appels. Il n’y avait pas de iPhone ni de iPad. Pas de YouTube, ou deFacebook. Seuls les oiseaux pouvaient « Twitter » dans les parcs.

L’environnement a changé - radicalement. Et nous aussi.

Même si la Société a constamment été un leader pour adopter les nouvelles technologies et servir les Canadiens sur de nouvelles plateformes, nous avons au cours des 13 dernières années rationalisé nos activités et fait de nouveaux gains d’efficacité en évoluant pour être un radiodiffuseur multiplateforme intégré.

Nous croyons que nos conditions de licence et le cadre réglementaire qui s’appliquent à nos services titulaires de licences devraient refléter notre évolution. Voilà pourquoi nous avons proposé une approche simplifiée qui imposerait un ensemble d’engagements importants dans des secteurs clés, et éliminerait la multitude d’obligations et d’engagements typiques de l’approche des années 90.

J’y reviendrai plus tard. Pour le moment, je voudrais insister sur la chose qui n’a pas changé : Nous sommes toujours et encore le radiodiffuseur public national du Canada et avons le mandat de servir tous les Canadiens de la façon la plus efficace et la plus efficiente possible et ce, en vertu de la Loi sur la radiodiffusion.

Et c’est ce que nous faisons jour après jour.

Notre plan stratégique – Stratégie 2015 – s’appelle Partout, Pour tous. Avec raison.

À CBC/Radio-Canada, nous servons les Canadiens de la façon suivante :

  • Deux réseaux de télévision nationaux hertziens
  • Quatre réseaux de radio nationaux hertziens
  • Cinq services spécialisés
  • Notre service du Nord - CBC North – en français, en anglais et en huit langues autochtones
  • Deux portails en ligne importants qui offrent des nouvelles, du sport, des émissions de télévision et de radio, de la musique et des services régionaux
  • Quatre services de musique en ligne
  • Radio Canada International en ligne en cinq langues
  • Des balados
  • La diffusion en continu sur Internet
  • Des services et des applications mobiles sans fil

Nous utilisons toutes les plateformes disponibles pour joindre les Canadiens. Et, lorsque de nouvelles technologies seront disponibles, nous nous assurerons d’y être aussi. Nous avons l’obligation de servir les Canadiens de la façon qu’ils choisissent de consommer tant l’audio que la vidéo.

Et chose certaine, ils en font des choix.

Quatre-vingt pour cent des Canadiens consomment d’ailleurs notre programmation sur une ou plusieurs de nos plateformes, à chaque semaine.

Plus de 4 000 Canadiens ont participé à ce processus de renouvellement des licences pour vous exprimer leurs points de vue.

Ces points de vue ne sont pas tous élogieux, et nous sommes certains, monsieur le président, que vous avez avec vous certaines interventions dans cette catégorie. Mais nous sommes contents et fiers de l’intérêt des Canadiens pour nos services et du temps qu’ils ont pris pour s’exprimer. Voici quelques exemples de ce que les Canadiens ont à dire sur nos services;

CITER DES INTERVENANTS INDIVIDUELS

« CBC est une institution canadienne qui fait partie de notre quotidien. Elle informe d’un océan à l’autre sur les enjeux, les talents et les valeurs du Canada. C’est la voix qui unit l’esprit des auditeurs et des téléspectateurs. Aucune autre télévision et surtout, aucune autre station de radio au Canada ne peut se réclamer de cela comme CBC. Sans CBC – une CBC solide – le Canada est un pays plus pauvre, et nous sommes un peuple plus pauvre. Une solide CBC exige in investissement généreux si elle doit continuer d’enrichir nos vies. »
Carol A. Deacon de Toronto, ON

« Je pense que CBC fait un bon travail pour remplir son mandat. »
« …ils diffusent une large gamme d’émissions canadiennes qui semblent offrir quelque chose pour à peu près tout le monde. Une chose sur laquelle je pense que TOUS les Canadiens sont d’accord, c’est que c’est une grande source pour les nouvelles. »
Mark Furlong de Hampton, NB

« Nous sommes un grand pays, un pays informé, et un pays équitable et raisonnable en partie à cause de CBC. CBC fait partie intégrante de ma vie, qu’il s’agisse de nouvelles, d’émissions sur les arts ou de documentaires. Je suis enseignant et CBC enrichit mon enseignement, me fournit des connaissances fiables et précieuses, des émissions et des vidéos que je peux partager avec mes étudiants. J’appuie sans réserve CBC. »
Francesco Napoli de Toronto, ON

« En tant que citoyen et musicien qui suis profondément attaché à son pays, et toujours passionné de le connaître davantage sous toutes ses multiples facettes, Radio-Canada représente pour moi la Voix nationale, de notre grand pays, qui nous rassemble tous, quelque soient les distances qui nous séparent et où que l'on soit; »
Francis Pomerleau de Montréal, QC

« Je suis native du Québec, j'ai aussi habité en Ontario, en Alberta et je réside maintenant en Colombie Britannique depuis 21 ans déjà. La radio et la télévision sont des outils indispensables pour garder le lien avec ce qui se passe dans mon pays. J'aime savoir ce qui se créé au Canada que ce soit dans le domaine des arts, l'environnement, la politique, la spiritualité, ou les sports. Les canadiens sont des gens très créatifs et dans les autres postes de radio et télévision ils n'ont pratiquement pas de visibilité.»
Francine Portelance de Kelowna, BC

Nous sommes heureux de ces commentaires.

Ils témoignent de notre contribution importante au système de radiodiffusion.

Ils confirment que ce qui devrait nous guider est notre plan Partout, Pour tous.


La Stratégie 2015

Je voudrais maintenant vous présenter une brève vidéo sur la Stratégie 2015 - notre vision pour les prochaines années.

videoPrésentation vidéo
Comme vous venez de le voir, la Stratégie 2015 s’appuie sur trois piliers : les espaces nationaux, les espaces régionaux et les espaces numériques.

Avec les espaces nationaux, nous voulons rassembler les Canadiens – offrir aux Canadiens une programmation qui contribue à développer une conscience nationale et une identité communes. Des événements comme les Jeux olympiques, des documentaires historiques, des dramatiques canadiennes et des grands événements pancanadiens. Tous ces genres d’émissions contribuent à la vision qu’ont les Canadiens d’eux-mêmes, de leur société, de leur culture et de leur peuple.

Comme tout ce que nous faisons maintenant, notre approche pour les espaces nationaux touche toutes les plateformes qui sont à notre disposition : la télévision, la radio et Internet. C’est un choix délibéré que nous avons fait. Mais c’est un choix facile, un choix nécessaire dans l’univers des communications d’aujourd’hui. Les auditoires s’attendent à ce que vous soyez partout, pour tous et pas tous les moyens.


Le deuxième pilier de la Stratégie 2015 : les espaces régionaux. Nous avons pris l’engagement d’approfondir notre relation avec les différentes régions du Canada et d’améliorer les moyens de les refléter au pays.

Nous avons identifié les régions mal desservies et avons élaboré un plan pour mieux les servir.

Nous avons renforcé notre approche face aux communautés linguistiques en situation minoritaire.

Nous continuons de servir le Grand Nord d’une manière unique et développons des façons d’améliorer notre service pour les communautés autochtones partout au pays.

Ici encore, nous adoptons une approche multiplateforme pour mobiliser les Canadiens. La plateforme en ligne nous permet de joindre des régions éloignées et mal desservies, des communautés locales, des auditoires régionaux, nationaux et étrangers.

Par exemple, en Ontario, nous avons identifié Hamilton comme une agglomération mal desservie par nos services. Mais nous avons rapidement réalisé qu’en raison des contraintes liées au spectre des fréquences, que la plateforme traditionnelle de la radio hertzienne n’était pas viable. . Nous nous sommes donc tournés vers le web pour développer une présence adaptée aux résidents de Hamilton. Dans la région, ce fut un franc succès. Nous offrons aux citoyens des nouvelles et de l’information locales et nous les tenons informés sur les événements et les activités qui ont lieu dans leur ville.

Ce qui m’amène au troisième pilier de la Stratégie 2015 : les espaces numériques.

Nous nous sommes fixés comme objectif de doubler notre engagement sur les plateformes numériques d’ici 2015 : il passera de 2,5 % à 5 % de notre budget. Depuis le milieu des années 90, CBC/Radio-Canada est le leader sur Internet et cet engagement financier confirme notre intention d’accélérer ce processus.

Nous avons commencé par de simples sites web et de la diffusion en continu. Puis il y a eu des balados, Bande à part et Radio 3. Maintenant nous avons ajouté Tou.tv, CBC Music et Espace.mu. Nous sommes présents sur Facebook, Twitter et YouTube.

Partout, Pour tous.

C’est bien plus qu’un slogan. C’est notre réalité.

Les trois piliers de la Stratégie 2015 représentent et orientent notre approche pour l’avenir. Récemment, avec les réductions budgétaires dans le cadre du Plan d’action pour la réduction du déficit (PARD), puis l’élimination du Fonds pour l’amélioration de la programmation locale (FAPL), c’est la Stratégie 2015 qui nous a servi de guide pour décider ce que nous allions couper et ce que nous allions conserver. C’est le filtre qui a été utilisé pour toutes nos décisions.

En réponse aux réductions de notre crédit parlementaire, nous avons conservé les services locaux et régionaux, nous avons conservé notre présence dans les régions en tirant parti des technologies numériques et nous avons poursuivi notre engagement de doubler le pourcentage de nos dépenses dans le numérique.

En réponse à la perte du FAPL, nous avons choisi de conserver une bonne partie de ce que ce Fonds permettait d’offrir en programmation locale et régionale, et nous faisons des coupures ailleurs.

Permettez-moi d’être clair. Nous faisons face à des défis! Nous devons nous adapter à un environnement de radiodiffusion en évolution constante et à un cadre financier changeant.

L’heure est au changement perpétuel.

C’est dans ce contexte que nous avons préparé nos propositions pour la prochaine période de licences.

La proposition de CBC/Radio-Canada

Comme je l’ai mentionné plus tôt, CBC/Radio-Canada est un fournisseur de contenu multiplateforme qui sert les Canadiens en tant qu’individus, citoyens et membres de nombreuses communautés différentes partout au pays.

Nous sommes un seul radiodiffuseur intégré. Prenons les nouvelles par exemple. Nous pensons en fonction de toutes les plateformes – la télévision, la radio, les chaînes spécialisées et le web. Nous développons et offrons notre contenu de nouvelles en pensant à toutes les façons dont les Canadiens peuvent choisir d’y avoir accès. Nous ne commençons pas par la télévision pour ensuite passer au web. Pas plus que nous ne séparons la télévision et la radio. Il s’agit d’un produit – les nouvelles – que nous développons de façon simultanée pour toutes nos plateformes.

Conséquence : nous sommes loin de l’approche « une plateforme à la fois » qui est utilisée dans le monde de la réglementation. Ce n’est pas notre quotidien.

C’est donc cette réalité multiplateforme – combinée à nos défis financiers et à l’environnement de radiodiffusion en évolution où les auditoires passent d’une plateforme à une autre – qui nous a amenés à développer et à vous demander une approche réglementaire simplifiée et rationalisée, qui porte sur un ensemble d’objectifs clés.

Permettez-moi de préciser. Nous avons mis la barre plus haute pour ce qui est de notre engagement – des conditions de licence au lieu d’attentes – ainsi que pour la substance de notre engagement – la quantité de contenu canadien par exemple.

Ce que nous avons laissé de côté, c’est un ensemble d’engagements de portée réduite qui, d’après nous, ne sont pas compatibles avec le monde où nous vivons et travaillons. C’est avec plaisir que nous prenons des engagements sérieux en matière de réglementation, mais nous voulons qu’ils soient compatibles avec l’environnement actuel et futur.

Par exemple, selon nous, pourquoi avoir des engagements par genre pour une plateforme particulière lorsque les auditoires peuvent délaisser cette plateforme ou que leurs préférences peuvent changer ou que les deux peuvent se produire. On ne devrait pas nous demander de revenir devant le Conseil chaque fois que nous devons changer notre façon de faire afin de servir convenablement les Canadiens.

De même, pourquoi la Société prendrait-elle des engagements sur un nombre d’heures ou sur une autre mesure lorsque ce n’est pas financièrement viable. Les défis financiers auxquels nous faisons face sont impressionnants. Mais nous allons les relever. Et nous allons équilibrer nos budgets. Alors, nous ne pouvons prendre et nous ne prendrons pas d’engagements en sachant que nous ne serons pas en mesure de respecter.

Ce que nous pouvons faire, c’est prendre des engagements très sérieux sur des objectifs clés. Mais nous avons besoin de souplesse. C’est ce que nous avons proposé.

La responsabilisation

Enfin, je voudrais parler de la question de la responsabilisation.

CBC/Radio-Canada a un mandat en vertu de la Loi sur la radiodiffusion.

Nous avons un Conseil d’administration indépendant.

Nous rendons des comptes au Parlement par le ministre du Patrimoine.

Nous présentons un rapport annuel au Parlement.

Nous faisons l’objet de vérifications par le vérificateur général.

Nous sommes assujettis à la Loi sur l’accès à l’information.

Nous avons un ombudsman pour les Services français et un autre pour les Services anglais.

Et nous sommes réglementés par le Conseil. Par vos licences et vos décisions. Nous vous remettons également un rapport annuel qui, en matière d’information, va au-delà de ce qui est exigé de n’importe quel autre radiodiffuseur.

Nous déployons beaucoup d’efforts à tous ces niveaux et nous sommes très fiers d’être aussi transparents et responsables et de nos efforts continus pour nous améliorer.

C’est dans ce contexte que nous avons demandé d’alléger notre fardeau administratif en limitant l’information que nous devons fournir chaque année au Conseil.

Nous reconnaissons l’importance des instruments de mesure. En fait le quatrième élément de notre Stratégie 2015 est de développer des outils pour mesurer l’ensemble nos activités. Nous publions maintenant à chaque année, en plus de tous les rapports déjà mentionnés, un bulletin de rendement qui permet aux Canadiens d’évaluer nos progrès par rapport à notre plan.

Nous serions heureux d’utiliser ces outils de mesure comme moyen de fournir des données pertinentes au Conseil.

Je suis persuadé qu’ensemble nous pouvons nous entendre sur une approche pour ce qui est des rapports et des autres obligations de CBC/Radio-Canada, une approche qui fera en sorte que tant la Société que le CRTC joueront leur rôle respectif que le Parlement leur a confié dans le système canadien de radiodiffusion.

Et je crois également que les cinq prochaines années continueront d’être une période de défis considérables et de réalisations spectaculaires pour CBC/Radio-Canada. Le monde de la radiodiffusion traverse une période excitante. En 2017, je suis certain que les Canadiens bénéficieront énormément des efforts que nous avons tous faits pour que le Canada ait le meilleur système de radiodiffusion du monde.

Au cours des deux prochains jours, c’est avec plaisir que nous allons discuter avec vous de nos plans et de notre proposition et répondre aux intervenants à la fin de l’audience dans deux semaines.

Merci de votre attention. C’est avec plaisir que nous allons répondre à vos questions.

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