Lettre au rédacteur en chef du National Post en réponse à l’article The CBC’s Solution: doubledip, par Jesse Kline, publié le mercredi 5 juin 2013

11 juin 2013

J’ai été surpris de la critique du modèle de financement du radiodiffuseur public par Jesse Kline. M. Kline semble penser que le modèle de financement hybride de CBC/Radio-Canada est nouveau et superflu, ce qui est totalement faux. Non seulement CBC/Radio-Canada fonctionne selon ce modèle de financement depuis plus de 75 ans, mais elle en est fortement tributaire puisque le niveau de financement public qu’elle reçoit ne lui permet pas de remplir adéquatement son mandat, et ne lui a jamais permis de le faire.

C’est le Parlement qui a choisi ce modèle hybride pour structurer son radiodiffuseur public. Près de la moitié de notre budget annuel provient de nos activités commerciales (ventes publicitaires et marchandisage, par exemple). Dans un pays aussi vaste, aussi diversifié et aussi peu peuplé que le Canada, ces revenus complémentaires permettent de financer des services de radiodiffusion publique nationaux, multilingues et multimédias.

Ajoutons que CBC/Radio-Canada n’est pas le seul radiodiffuseur public à fonctionner selon un modèle de financement hybride : c’est aussi le cas de la plupart des grands radiodiffuseurs publics dans le monde. Par ailleurs, ce modèle n’est pas l’apanage des radiodiffuseurs publics : VIA Rail, par exemple, reçoit presque autant de financement public que CBC/Radio-Canada par rapport à l’ensemble de ses revenus, le reste provenant de la vente de billets. Ce n’est pas du « double financement », c’est simplement une façon ingénieuse et efficace d’atteindre les objectifs d’intérêt public du Canada.

CBC/Radio-Canada est fière du rôle unique qu’elle occupe dans la vie des Canadiens. Reportages, musique, information, culture, et tout cela en français, en anglais et dans huit langues autochtones, et partout dans le monde par l’entremise de Radio Canada International. Mais CBC/Radio-Canada ne compte pas uniquement sur les deniers publics pour financer toutes ses activités : elle génère également des revenus commerciaux qu’elle réinvestit directement dans sa programmation et ses services, et qui contribuent à l’essor de l’industrie des médias au Canada.

William B. Chambers
Vice-président, Image de marque, Communications et Affaires institutionnelles, CBC/Radio-Canada

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