Notes d'allocution de Louis Lalande, vice-président principal des Services français, au Comité sénatorial permanent des Langues officielles

5 mai 2015, Ottawa

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,

Bonjour,

Je voudrais d’abord vous remercier de votre invitation à venir vous rencontrer aujourd’hui. Nous avons lu avec beaucoup d’attention le rapport et les recommandations émises par ce Comité sur les services offerts par CBC/Radio-Canada envers les minorités de langues officielles au pays.

« Les communautés de langue officielle en situation minoritaire veulent se voir, s’entendre et se lire sur les ondes du radiodiffuseur public. » C’est une des conclusions tirées de votre étude. C’est aussi une chose à laquelle nous croyons fermement et nous travaillons très fort pour rencontrer les attentes de nos auditoires.

Bien entendu, en tant que société d’État sans lien de dépendance, nous devons poursuivre ces objectifs dans le respect du mandat que nous confère la Loi sur la radiodiffusion et en consultation avec le CRTC, l’organisme chargé de réglementer la radiodiffusion.

Cette indépendance est au cœur de notre ADN de diffuseur public.

Dans votre rapport, vous portez aussi un intérêt marqué pour les consultations que nous menons auprès des communautés. Avant de répondre à vos questions, nous avons pensé qu’il serait pertinent et intéressant de vous faire part de notre expérience jusqu’à maintenant.

Depuis le 1er septembre 2013, nous avons mené des consultations auprès de la communauté anglophone du Québec et des communautés francophones dans les régions de l’Ouest canadien et du Nord, de l’Ontario et, tout juste mercredi dernier, de l’Atlantique. Les assemblées publiques à elles seules ont réuni près de 440 personnes pour l’Ouest et le Nord, environ 200 personnes pour l’Ontario et environ 500 personnes pour l’Atlantique, la très grande majorité d’entre eux ayant participé en ligne.

Du côté francophone, les préoccupations qui ressortent de ces consultations rejoignent sur plusieurs points ce que nous avons entendu dans d’autres instances. On reconnaît la situation financière de Radio-Canada et les contraintes que cela impose, ce qui continue d’ailleurs de soulever de vives inquiétudes. On reconnaît aussi la nécessité pour Radio-Canada de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation médias des francophones.

D’ailleurs, plusieurs personnes nous incitent à développer davantage notre offre numérique, particulièrement au niveau régional. Le numérique est également identifié comme une des pistes pour rejoindre les jeunes francophones, un des publics qui doit faire partie des priorités du diffuseur public nous disent les participants.

Enfin, ils ont réitéré leur volonté de se voir et de s’entendre davantage dans nos programmations nationales.

À la lumière de ce que nous avons entendu lors de ces consultations, mais aussi à l’occasion des nombreux échanges formels et informels que nous avons avec les représentants des communautés depuis plusieurs années, nous avons ajusté notre offre de différentes façons.

Prenons notre approche Raconter le pays, dont Michel Cormier, notre directeur général de l’Information, vous a parlé lors de notre comparution de décembre 2013. Vous vous rappellerez que cette approche vise à donner une plus grande résonnance nationale à des sujets plus locaux et à démontrer comment les enjeux nationaux peuvent s’incarner dans les différentes régions du pays.

En deux ans, nous avons produit de nombreux reportages et dossiers spéciaux qui répondent à ces objectifs, identifiés de nombreuses fois par les représentants de communautés. Par exemple, nous avons présenté un grand dossier multiplateforme sur les retraites au Canada, comparant les situations en Alberta, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

La semaine verte a aussi traité du libre-marché de la propriété agricole en Saskatchewan, en comparant entre autres la situation là-bas avec les celles des autres provinces. Ce ne sont que deux exemples, mais qui illustrent concrètement les retombées de cette approche.

Aussi, notre stratégie d’information régionale De bonjour à bonne nuit vise justement à accompagner les citoyens du matin au soir en leur offrant une information locale ancrée dans la communauté, dans le moment présent, et ce, sur toutes les plateformes.

Dans cet esprit, nous avons amorcé, l’automne dernier, la refonte de nos sites web régionaux. Ces derniers offrent maintenant des informations locales et régionales en fil continu, dans un format adaptable à tous les écrans, de l’ordinateur au téléphone intelligent, en passant par les tablettes numériques.

Le site d’Ottawa-Gatineau, par exemple, a été un des premiers à passer au nouveau format et a démontré toute sa pertinence lors de la fusillade d’octobre dernier.

Les nombreux commentaires d’appréciation de la part des citoyens que nous avons reçus à ce propos nous le confirment.

Cette refonte de nos sites régionaux s’inscrit dans la stratégie régionale que nous avons présentée en décembre dernier avec nos collègues de CBC. Cette stratégie vise entre autres à moduler nos ressources afin d’être présents en information toute la journée, notamment sur les plateformes numériques et mobiles, ainsi que sur les réseaux sociaux. Patricia pourra vous en parler davantage pendant la période de questions.

En février dernier, nous avons tenu une consultation publique avec les membres de la communauté anglophone du Québec. Lors de cet événement public retransmis en direct sur le web, plus de mille participants sur place et en ligne ont suivi les discussions sur: « Comment CBC peut-elle mieux utiliser le mobile, le web, la télévision et la radio pour raconter des histoires et converser avec la communauté anglophone du Québec qui représente un million de personnes? »

Cette consultation nous a permis de constater que CBC bénéficiait d’un appui solide de la part du public et à quel point l’auditoire anglophone tenait à ce que CBC maintienne sa présence au Québec.

Le 22 octobre 2014, Shelagh Kinch, directrice principale, CBC Quebec, et Hubert Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada, ont rencontré 10 membres de la communauté anglophone du Québec pour discuter de la Stratégie 2020.

Des représentants du Black Community Resource Centre, de la CEDEC, de l’Université Concordia, de la Maison Notman, du Quebec Community Groups Network, du English-language Arts Network, ainsi que des producteurs indépendants ont assisté à cette rencontre.

C’est d’ailleurs à la suite de cet échange que CBC Montreal a organisé le tout premier marathon de programmation de CBC/Radio-Canada intitulé #HackingCBCMtl.

Il s’agit d’un événement ouvert qui consiste à rassembler des personnes ayant une expertise technique ou autre, et de leur donner comme mission de trouver des solutions créatives à des problèmes variés en se servant des technologies. Au cours d’une fin de semaine, nous avons accueilli près d’une cinquantaine de développeurs, de designers et de consommateurs de médias pour qu’ils proposent des idées et les développent avec nos journalistes de CBC Montreal.

Ce genre d’exercice de réflexion est extrêmement important surtout pour mobiliser un auditoire plus jeune, branché aux technologies numériques. À l’automne 2015, dans le cadre de la Stratégie 2020 de CBC/Radio-Canada, CBC Quebec consolidera ses services web et mobiles pour couvrir une plage de 18 heures par jour, 7 jours par semaine.

Que ce soit à travers des échanges informels ou des rencontres plus formelles comme ces consultations, nous entretenons un dialogue constant avec les membres des communautés linguistiques minoritaires, ainsi qu’avec les associations et les institutions qui les représentent. Ces échanges nous permettent de rester au diapason des communautés et d’ajuster notre offre lorsqu’il est possible et pertinent de le faire.

En 2014 seulement, nous avons fait plus d’une centaine de rencontres avec les représentants des communautés linguistiques minoritaires francophones et anglophones partout au pays.

Plus largement, notre engagement envers les communautés linguistiques comme diffuseur public est clair. Un espace pour nous tous, le plan stratégique que CBC/Radio-Canada a lancé en juin dernier, place encore une fois l’offre régionale parmi nos priorités comme diffuseur public.

Ce plan vise à moderniser nos services pour l’avenir tout en nous permettant de continuer à respecter nos conditions des licences et nos obligations de diffuseur public.

La stratégie régionale annoncée récemment est développée en étroite collaboration entre CBC et Radio-Canada et s’appuie sur les objectifs de ce plan.

À terme, cette stratégie nous permettra de maintenir une présence et une offre régionale à moindres coûts, adaptée aux nouvelles habitudes de consommation média de nos auditoires, incluant les francophones et anglophones vivant en milieu minoritaire.

Je peux vous assurer que nous comptons continuer nos rencontres avec les communautés tout au long de la mise en œuvre de notre stratégie.

Nous sommes maintenant prêts à répondre à vos questions.

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