Notes pour une allocution d’Hubert T. Lacroix devant le Comité permanent du patrimoine canadien (CHPC)

25 octobre 2016, Ottawa

(LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI)

Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada, a comparu devant le Comité permanent du patrimoine canadien (CHPC) le 25 octobre 2016.

Merci de m’avoir invité à venir vous parler du réinvestissement du gouvernement dans la radiodiffusion publique. Heather, Louis et moi avons déjà eu l’occasion de rencontrer la plupart d’entre vous, et je suis très heureux de pouvoir discuter de nouveau avec vous ce matin.

Avant de commencer, un mot à propos des appareils qui sont devant vous. Ce sont des casques de réalité virtuelle. Nous les avons apportés parce qu’ils jouent un rôle important dans les rencontres que nous venons tout juste de lancer dans quatre communautés pour parler des femmes autochtones portées disparues ou assassinées. Je voulais que vous puissiez voir par vous-même comment cette technologie nous permet de raconter des histoires différemment. J’y reviendrai plus longuement un peu plus tard.

Ces derniers mois, nous avons démontré de manière remarquable tout ce que la radiodiffusion publique peut faire.

En août, nous avons permis aux Canadiens de partager un moment décidément canadien : le dernier concert du groupe The Tragically Hip, à Kingston, en Ontario. Près de 12 millions de Canadiens se sont rassemblés, certains dans leur cour, d’autres dans des bars, dans des parcs et sur les places publiques pour assister à cet événement. Plus de 190 visionnements publics ont été organisés ici et ailleurs dans le monde. Un Canadien nous a même dit qu’il avait écouté le concert sur son téléphone alors qu’il était dans son automobile à Hawaï. Rassembler les Canadiens, comme nous l’avons fait ce soir-là, c’est exactement le rôle que le radiodiffuseur public doit jouer.

Il y a aussi eu les Jeux olympiques et Paralympiques à Rio de Janeiro. On se souviendra tous de la vague d’émotions que nous avons ressenties quand Penny Oleksiak a gagné le bronze, puis l’argent, suivi du bronze encore et enfin de l’or. Cette jeune nageuse âgée de 16 ans seulement a remporté plus de médailles que n’importe quel autre athlète canadien dans l’histoire des Jeux Olympiques d’été. Et comment oublier cette rivalité amicale entre André de Grasse et Usain Bolt, ou la résilience de la lutteuse Erica Wiebe qui a remporté l’or quelques mois après avoir raté les championnats du monde? Ce sont des moments véritablement canadiens.

Trente-deux millions de personnes se sont jointes à nous pour célébrer ces moments; c’est plus de 91 % de la population du Canada. Et 10,2 millions de Canadiens ont écouté notre couverture de plus de 700 heures des Jeux Paralympiques. Les Jeux de Rio 2016 ont été les Jeux Olympiques d’été les plus regardés de l’histoire du Canada : nous avons eu au total plus de 229 millions de pages vues et près de 37 millions de visionnements vidéo sur nos sites web et nos applications olympiques. Le public a pu vivre aussi les Jeux d’une toute nouvelle façon. Pour la première fois, la réalité virtuelle a permis aux Canadiens de plonger au cœur de l’action.

La technologie est impressionnante, mais elle peut aussi être bien plus que ça.

Bon nombre d’entre vous connaissent le rôle de leadership que CBC/Radio-Canada joue dans le dossier des femmes autochtones portées disparues et assassinées. L’émission The Current de CBC Radio a organisé une série de rencontres publiques sur ce sujet. Lorsque les gens arrivent à ces rencontres, ils ont tout de suite l’occasion de faire l’essai de la réalité virtuelle pour mieux comprendre cette situation. Ils sont transportés sur l’autoroute 16 – l’autoroute des larmes – dans le nord de la Colombie-Britannique, à l’endroit même où plusieurs femmes autochtones ont été assassinées ou sont disparues. Ce documentaire en réalité virtuelle – une première pour CBC – peut être téléchargé à partir de notre site web (en anglais).

Ce documentaire a suscité des réactions tout simplement incroyables. Plus tôt ce mois-ci à Prince-George, 200 personnes sont venues le voir. Cette rencontre a ensuite été diffusée à l’émission The Current. Voici ce que ces personnes en ont pensé.

Si vous me le permettez, je voudrais vous laisser vivre personnellement cette expérience. Des membres de notre personnel vous aideront à installer ces appareils.

(Pause)

C’est pour ça que nous sommes sur les plateformes numériques. Voici comment la radiodiffusion publique joue son rôle : utiliser tous les outils à notre disposition et présenter du grand journalisme et des histoires racontées de manière spectaculaire pour que les Canadiens puissent mieux saisir les enjeux importants et avoir une conversation sur ces questions.

C’est ce en quoi consiste notre Stratégie 2020.

Notre transformation en vue de devenir un radiodiffuseur plus numérique, plus local et plus distinctif n’a pas toujours été facile, mais les perturbations sont maintenant derrière nous et nos efforts portent leurs fruits aujourd’hui.

Nous le constatons dans la façon dont les Canadiens interagissent maintenant avec nous et entre eux, sur leurs appareils mobiles, dans les réseaux sociaux, à la télévision et à la radio. Nous poursuivons la transformation de nos stations régionales dans tout le pays pour en faire des environnements multiplateformes plus ouverts. Halifax, Matane, Moncton et Sudbury sont les plus récentes stations que nous avons transformées. Nous offrons plus de contenu local, plus souvent et à un plus grand nombre de Canadiens sur tous les appareils qu’ils utilisent.

Plus de 16 millions de Canadiens accèdent à nos plateformes numériques chaque mois – une hausse de trois millions au cours de la dernière année seulement. Notre objectif est de voir ce chiffre grimper à 18 millions d’ici l’année 2020. C’est ce qui nous aide à tisser des liens plus étroits avec les Canadiens

Nous ne sommes pas les seuls à traverser une période de transformation. Le mois dernier, nous avons accueilli la conférence PBI 2016 à Montréal : 60 radiodiffuseurs publics de 52 pays de partout dans le monde y ont participé. Il est clair que nous faisons tous face aux mêmes défis, mais CBC/Radio-Canada a une longueur d’avance dans sa transformation sur bon nombre d’entre eux et joue le rôle de leader dans ce passage au numérique.

Le réinvestissement que le gouvernement a annoncé dans son budget de 2016 nous aide dans cette transformation. Nous sommes très reconnaissants de cet appui. C’est la première injection de nouveaux fonds dans la radiodiffusion publique depuis plus de 10 ans. C’est un vote de confiance important dans la radiodiffusion publique, dans la valeur de nos contenus et dans notre vision de l’avenir.

Quand le gouvernement a annoncé ce réinvestissement, il nous a demandé de développer un plan de reddition de comptes. Nous communiquerons ce plan aux Canadiens prochainement, mais avant, je veux vous dire ce que nous avons fait jusqu’ici. Le gouvernement a promis de nous accorder 75 M$ cette année et 150 M$ l’an prochain.

Voici ce que nous faisons déjà avec cet investissement.

Nous créons de nouvelles émissions en prévision du 150e anniversaire du Canada. Des émissions comme Becoming Canadian, un projet donnant la priorité au numérique et mettant à l’honneur les gens qui ont choisi le Canada pour nouveau foyer, et La grande traversée — l’aventure de 10 personnes à bord d’une réplique des navires d’autrefois, qui vont revivre le périple des colons partis de France en 1745 pour venir s’établir au Québec.

Cet été, nous avons créé une nouvelle émission de radio nationale, Out In The Open, animée par Piya Chattopadhyay.

Nous avons commencé le tournage de la série dramatique en six parties, Alias Grace, d’après le roman de Margaret Atwood, en partenariat avec Netflix, une première pour nous.

Nous avons pu préserver le financement de l’émission de radio d’une heure axée sur les Autochtones, Unreserved, avec Rosanna Deerchild.

Nous avons créé une nouvelle série dramatique d’une heure sur de jeunes joueurs de soccer canadiens, 21 Thunder, qui sera diffusée à l’été 2017.

Nous avons lancé le projet d’une nouvelle station de radio à London, en Ontario, que nous avions précédemment suspendu en raison des réductions budgétaires.

Nous avons créé du contenu numérique additionnel pour ICI Tou.tv et sept émissions supplémentaires pour Véro.tv, la nouvelle chaîne de télévision numérique sur le forfait EXTRA d’ICI Tou.tv.

Nous avons lancé un nouveau projet intitulé Prochaine Génération, un espace d’expérimentation pour enrichir et partager des contenus d'information, créé et géré par les milléniaux, pour les milléniaux.

Nous avons créé cinq épisodes additionnels d’une heure du populaire talk-show des maritimes, Méchante soirée, produit à Moncton.

Nous avons ajouté 15 heures de nouveau contenu les soirs de semaine sur ICI Radio-Canada Première, à la place des reprises.

Ce ne sont là que quelques exemples.

Les Canadiens pourront suivre nos progrès dans ces projets et dans l’atteinte de tous nos objectifs par l’intermédiaire de notre Plan d’entreprise et de nos rapports annuels. Nous sommes fiers de ce que nous avons accompli jusqu’ici pour soutenir la culture canadienne. Nous croyons qu’il est essentiel d’avoir un radiodiffuseur public fort au cœur d’un écosystème culturel solide.

Nous avons hâte de montrer aux Canadiens ce que nous pouvons faire pour eux grâce à ce réinvestissement dans la radiodiffusion publique.

Merci.

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