Pourquoi la diversité et l’inclusion font de CBC/Radio-Canada un meilleur diffuseur public

7 septembre 2017, Montréal

Notes pour une allocution d’Hubert T. Lacroix devant le Barreau de Montréal

Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada, était invité par le Barreau de Montréal à prononcer une allocution à l’occasion de la cérémonie de la Journée du Barreau.

(LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI)

Pourquoi la diversité et l’inclusion font de CBC/Radio-Canada un meilleur diffuseur public

Mesdames et Messieurs les Juges en chef,

Monsieur le Bâtonnier (mon ami Brian!),

Membres du Barreau,

Chers amis,

Merci de m’avoir invité à célébrer avec vous cette rentrée des tribunaux. Votre invitation m’a rappelé, malheureusement, que je suis membre du Barreau de Montréal depuis exactement… 40 ans!

Je me souviens encore de mes examens passés dans l’édifice des fusiliers du Mont-Royal sur l’avenue des Pins, (franchement un drôle de choix comme salle d’examen… j’en rêve encore!) et de mes premières notes de service et recherches pour M. le Juge Fauteux, l’ancien juge en chef de la Cour suprême alors que j’étais un stagiaire chez O’Brien, Home, Hall and Saunders.

Si vous m’aviez dit qu’un jour je serais à la tête de CBC/Radio-Canada, la plus grande institution culturelle au pays, je vous aurais probablement répondu que vous étiez non compos mentis. Le droit est vraiment le seul environnement où l’on peut encore se rappeler le latin des Jésuites. Alors, j’en profite!

Donc, mon cheminement m’amène à vous faire part de deux réflexions.

Premièrement, aucun d’entre nous ne sait ce que la vie lui réserve, mais la formation et la polyvalence des compétences qu’on acquiert comme avocat sont, pour les organisations qui nous recrutent, un atout considérable qui va bien au-delà de la connaissance de la loi. Il y a des débouchés extraordinaires pour les diplômés en droit.

Deuxièmement, tout comme vos compétences, votre capacité de voir les choses sous un angle différent est un atout majeur. Vos origines, vos expériences, tout ce qui a contribué à forger votre identité ont une grande importance. Les organisations qui en sont conscientes et qui recherchent activement des gens d’origines diverses et qui ont un parcours différent sont celles qui ont le plus de chances de prospérer parce qu’elles sont à l’image de notre société.

Je n’ai pas été surpris lorsque notre nouveau bâtonnier, Brian Mitchell, s’est engagé à faire en sorte que le barreau devienne plus inclusif. J’ai travaillé pendant plusieurs années avec Brian au Conseil d’administration de CBC/Radio-Canada. Je sais à quel point cet enjeu est important pour lui et nous avons tous les deux pu constater à quel point il était essentiel pour le diffuseur public d’être complètement investi dans ces enjeux.

Je crois que CBC/Radio-Canada est aujourd’hui plus que jamais en phase avec les Canadiens – et c’est dû en grande partie aux efforts que nous avons faits pour nous assurer de refléter le Canada.

Notre vision est d’intégrer un large éventail de visages, de voix, d’expériences et de perspectives dans nos contenus et dans notre milieu de travail.

Mais n’oublions pas qu’il y a une distinction importante à faire entre la diversité et l’inclusion.

La diversité, c’est l’amalgame. C’est ce qui distingue chacun d’entre nous (notre origine ethnique, notre sexe, notre mentalité, nos valeurs, notre bagage d’expériences, etc.). C’est une question de personnes.

Le concept d’inclusion, c’est de s’assurer, comme organisation, que toutes ces personnes travaillent bien ensemble, dans un environnement qui valorise les différences. C’est une question de culture.

Selon Statistique Canada, 19 % des Canadiens font partie d’une minorité visible. Il y a deux ans, nous nous sommes donc donné un objectif ambitieux : que d’ici 2020, un peu plus de 23 % de nos nouveaux employés soient issus de la diversité. Et nous sommes en voie d’atteindre cette cible. Sur 653 embauches l’an dernier, 120 nouveaux employés l’ont été; soit un peu plus de 18 %.

Nous voulons aussi avoir davantage de personnes provenant de cette diversité dans des postes de direction. À l’heure actuelle, cinq des huit membres de mon Équipe de la haute direction sont des femmes, et la moitié de ces personnes s’affiche comme étant de la communauté LGBTQ.

Nous avons aussi lancé un programme de développement pour nos futurs leaders conçu pour recruter et soutenir les membres des minorités visibles, les Autochtones et les personnes handicapées.

Mais faisons attention. Toutes ces initiatives ne se résument pas à des colonnes de chiffres et à des quotas. Et toutes ces personnes n’ont pas été recrutées uniquement « parce qu’elles représentent une minorité culturelle quelconque » ou parce qu’on nous présente des statistiques indiquant que les entreprises dont les employés appartiennent à diverses communautés ethniques sont plus susceptibles d’afficher un meilleur rendement que les autres.

Ces personnes sont recrutées parce qu’elles sont à l’image de notre pays. Elles reflètent la diversité des origines et des points de vue des Canadiens. Et nous voulons qu’elles occupent des postes de commentateurs et d’experts sur des sujets qui nous intéressent, pas seulement sur les sujets qui touchent leurs communautés culturelles en particulier. Nous voulons entendre leur point de vue, en ondes, dans nos réunions de production et dans nos séances de planification stratégique.

C’est de cette façon que CBC/Radio-Canada s’assure d’être la référence en matière de culture canadienne – en recrutant, en formant et en travaillant avec les esprits les plus créatifs du pays, en provenance de tous les horizons, de toutes les communautés culturelles.

Chaque année, 250 000 immigrants choisissent de venir vivre au Canada. Près de 30 000 d’entre eux s’établissent à Montréal. Ils ont vécu toutes sortes d’expériences qui ont façonné leurs points de vue. Mais ils partagent tous le même rêve de faire leur vie au Canada.

Comment nous assurer qu’ils participent à la vie de notre pays, à sa démocratie? Comment leur faire une place, ainsi qu’à leurs enfants, à CBC/Radio-Canada et au sein du Barreau de Montréal?

Aujourd’hui, vous l’avez remarqué, 50 % des avocats au Québec sont des femmes – la plus forte proportion en Amérique du Nord. Et parmi les membres qui comptent moins de 10 ans de pratique, plus de 60 % sont des femmes. À CBC/Radio-Canada, les femmes forment actuellement 48 % de notre main-d’œuvre, et 57 % de nos nouvelles embauches.

D’autres défis restent à relever. Les avocats issus des minorités ethniques sont encore sous-représentés dans les grands cabinets d’avocats et ceux de taille moyenne. À Montréal, les minorités visibles comptent pour 17 % de la population, mais seulement pour 9 % des avocats montréalais.

Comment des organisations comme la nôtre peuvent-elles s’ouvrir à l’inclusion tout en s’assurant qu’elles n’excluent pas les personnes déjà en place? Il s’agit d’un autre enjeu clé.

En plus de moi, d’autres avocats travaillent à CBC/Radio-Canada. Nos services juridiques comptent 25 avocats dans tout le pays, dont 17 femmes.

Nous avons aussi 15 membres du Barreau du Québec, dont un bon nombre travaillent dans d’autres services – comme dans nos services de l’Information ou des droits d’auteur.

En conclusion, on ne sait jamais où nos compétences nous mèneront. Toutefois, je peux vous dire qu’une des expériences les plus gratifiantes qu’on puisse vivre est de travailler dans une organisation réellement inclusive, qui recherche et accueille des personnes avec une vaste gamme de points de vue et d’expériences — qui reflètent la mosaïque qu’est le Canada.

Dit simplement, la diversité et l’inclusion font de CBC/Radio-Canada un meilleur diffuseur public.

La priorité de notre bâtonnier d’être « un Barreau inclusif » fera de notre Barreau, un meilleur Barreau.

Importante initiative! Bravo!

Merci.

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