1. Pourquoi déposer maintenant une demande de révision de la structure syndicale?
Le monde de la radiotélédiffusion en 2012 n’est plus du tout celui du début des années 90 ni celui qui avait été anticipé en 2000. L’environnement technologique et économique de Radio-Canada a considérablement changé depuis la dernière révision de sa structure syndicale qui date de 1995.
Les raisons qui motivent la demande sont nombreuses :
- L’environnement organisationnel lourd et complexe nuit au climat de travail et freine l’adoption de solutions novatrices;
- La technologie a révolutionné les modes de production et de diffusion et transformé en profondeur le travail de nombreux salariés à Radio-Canada;
- Le diffuseur public fait face à des pressions financières accrues résultant de la crise de 2009 et aux compressions budgétaires du financement public par le gouvernement fédéral en 2012;
- Une augmentation de la concurrence à cause de l’apparition de nombreuses chaînes spécialisées et la formation de conglomérats dans le domaine des communications et de la radiotélédiffusion;
- Les attentes de nos auditoires ont changé : ils ont adopté de multiples plateformes et se sont habitués à l’émergence de productions quasi instantanées. Le public s’attend à recevoir des images et des reportages pratiquement en direct sur ce qui se passe dans le monde.
2. En quoi cette structure n’est-elle plus adéquate en 2012?
Elle est source de conflits de juridictions et de mésentente entre unités et employés. Elle génère un nombre élevé de griefs qui monopolisent temps, énergie et ressources financières qui pourraient être mieux employés en programmation. Il y a présentement environ 1500 griefs actifs à Radio-Canada, dont un nombre important et croissant est relié aux conflits de juridiction.
Elle génère un climat de méfiance qui nuit à notre capacité d’adoption des meilleures pratiques de l’industrie.
La structure des quatre unités crée une fragmentation artificielle étant donné la similitude de fonctions entre les membres d’unités différentes. Il arrive de voir des salariés faisant sensiblement les mêmes tâches, mais qui appartiennent à des unités différentes.
Elle nuit à la capacité d’adaptation de Radio-Canada face aux défis reliés aux pressions financières et à la concurrence accrue dans notre secteur d’activités.
3. Sur quels critères se base le CCRI pour évaluer la structure syndicale d’une entreprise?
Le CCRI se base sur cinq (5) critères lorsqu’il s’agit d’évaluer si les unités de négociation qui existent au sein d’une entreprise sont viables :
- L’évolution des technologies et de l’environnement dans lequel évolue l’entreprise;
- La similarité et l’intégration des fonctions;
- Le climat de négociation;
- La communauté d’intérêts;
- L’impact de la structure sur la mobilité et la carrière des employés.
4. Que se passe-t-il à partir du moment où une demande de révision est déposée au CCRI? La structure syndicale actuelle est-elle suspendue?
Le statu quo prévaut suite au dépôt d’une demande de révision de la structure des unités de négociation. Les conventions collectives demeurent applicables. Radio-Canada et ses unités de négociation accréditées doivent négocier de bonne foi le renouvellement des conventions collectives qui arrivent à échéance pendant le processus. Au cours du processus, si le CCRI consent à une révision de la structure syndicale, il faudra que toutes les parties concernées discutent de la nouvelle structure à mettre en place dans le nouvel environnement économique et technologique de Radio-Canada.
5. Combien de temps peut durer le processus de révision?
À ce stade-ci, il est difficile de prévoir la durée des procédures et des audiences devant le Conseil. Cela dépendra largement de la position que prendront les parties concernées.
6. En quoi la structure syndicale actuelle empêche Radio-Canada de profiter pleinement des avancées technologiques?
Depuis 10 ans, la technologie a révolutionné les modes de production et transformé en profondeur le travail de nombreux salariés à Radio-Canada. Par exemple, l’ordinateur est maintenant un outil de montage, les téléphones intelligents permettent de réaliser des reportages audiovisuels et on peut diffuser facilement des contenus sur plusieurs plateformes au moyen d’équipements simples et conviviaux.
Or, la structure syndicale ne favorise pas l’adoption et l’exploitation de ces nouvelles technologies conviviales, car les différentes affiliations des employés dressent des obstacles à leur utilisation. Plusieurs employés, notamment ceux qui ont été embauchés au cours des récentes années, disposent d’une formation polyvalente qui inclut une connaissance approfondie des technologies de l’information et de toutes les étapes de la production. Ils aimeraient mettre en œuvre leur plein potentiel, mais la structure syndicale actuelle ne le favorise pas.



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