Sources

  • Principes

    La valeur de l’information, qu’elle soit tirée d’une enquête ou recueillie au quotidien, dépend entièrement de la qualité de sa source. Plus le sujet est controversé, plus la crédibilité des sources d’information devient cruciale.

    Nos normes s’appliquent à toutes les formes de sources. Cela inclut les médias sociaux, lorsqu’ils sont utilisés pour recueillir des informations.

    Nous devons prendre en considération deux types de relations, soit notre relation avec le public et notre relation avec la source d’information.

    Les sources peuvent courir d’énormes risques en dévoilant une information. Il est important que nous soyons clairs et explicites dès le départ en ce qui a trait au degré de protection que nous offrons et à la manière dont l’information sera utilisée (par exemple : pour attribution ou sous le sceau de la confidentialité).

    Cette même clarté est nécessaire dans la relation avec nos auditoires. Nous indiquons clairement la nature de notre relation avec la source d’information. Le public a besoin de savoir le plus précisément possible d’où et de qui provient une information pour pouvoir en apprécier la valeur et mettre les faits en contexte.

    Les valeurs d’exactitude, d’équité et d’intégrité guident notre façon de traiter nos sources et l’information qu’elles nous communiquent.

  • Vérification auprès d'une deuxième source

    Notre engagement en faveur de l’exactitude et de l’intégrité implique que nous nous efforcions de contre-vérifier l’information auprès d’une deuxième source. Il peut même arriver que plus de deux sources soient nécessaires.

    Nos reportages sont fondés sur des informations validées. Chaque fois que cela est possible, nous faisons appel à des sources identifiées, de première main, qu’il s’agisse de participants à un événement ou de documents authentifiés.

    L’importance d’avoir une ou plusieurs sources dépend de la nature et de la qualité de la première source.

    Si la première source est confidentielle, nous nous efforçons de vérifier l’exactitude de l’information en la corroborant de manière indépendante.

    Toute décision de publier un sujet fondé sur une seule source confidentielle doit être autorisée par le directeur. Nous devons communiquer cette décision au public.

  • Rémunération des sources d'information

    Afin de préserver notre indépendance, nous ne payons pas pour l’information que nous obtenons de nos sources.

    Toutefois, le versement d’honoraires à des spécialistes pour une expertise ou une analyse scientifique, selon des barèmes reconnus, est une pratique courante et acceptable. Cela n’équivaut pas à payer des sources d’information. Dans ce contexte, il n’est pas nécessaire de faire mention en ondes du versement d’honoraires.

    Notre public collabore de plus en plus avec nous en fournissant des photos ou des séquences vidéo sur des sujets d’actualité. Tout comme Radio-Canada rémunère ses pigistes, il peut convenir, dans de rares circonstances, de payer pour obtenir du contenu authentifié. Cette décision incombe au directeur.

  • Enregistrement de conversations ou de préentrevues avec une source

    Il est fréquent que nous enregistrions nos conversations avec des sources d’information ou avec des invités potentiels, au lieu de prendre des notes. Il s’agit d’une pratique courante qui se fait d’habitude ouvertement. Elle peut aussi se faire sans le consentement de la personne interviewée.

    Qu’ils aient été réalisés à l’insu ou à la connaissance de la source, les enregistrements de conversations ou de préentrevues ne sont généralement pas diffusés. Nous sommes conscients que la diffusion de ce type de matériel peut miner la confiance des sources d’information à l’égard des journalistes. Elle peut aussi entraîner des conséquences de nature juridique ou réglementaire.

    Nous prendrons donc soin d’explorer toutes les options de rechange à la diffusion de ce type de matériel, conformément à nos valeurs journalistiques. Nous n’aurons recours à ce matériel que dans les cas où l’intérêt public le justifie et si sa diffusion constitue la meilleure façon d’assurer l’exactitude, l’équité et l’équilibre du reportage.

    Tout projet de diffusion d’une conversation enregistrée à l’insu de l’interlocuteur doit être autorisé par le directeur.

  • Ententes avec les sources d'information

    Nos reportages sont fondés sur des informations validées. Chaque fois que cela est possible, nous identifions nos sources, qu’il s’agisse de participants à un événement, de témoins ou de documents.

    Avant d’accepter des conditions qui limiteraient notre capacité d’utiliser une information, nous nous assurons que la nature de ces conditions est clairement comprise de part et d’autre. Nous nous entendons avec la source avant que l’information ne nous soit transmise.

    Une information peut nous être communiquée sous le sceau du secret (off the record). Dans ce cas, elle ne peut pas être diffusée et sa source ne doit pas être dévoilée.

    Il peut aussi arriver qu’une source nous communique une information qui peut être diffusée, mais que cette source refuse d’être identifiée.

    Il existe deux types de sources non identifiées :

    • La source confidentielle est celle dont le journaliste connaît l’identité, mais qu’il a convenu de protéger;
    • La source anonyme est celle dont l’identité est inconnue du journaliste;
    • L’usage d’une source anonyme est exceptionnel et il doit être autorisé par le directeur général de l’Information.

    L’information obtenue de sources confidentielles ou anonymes doit être vérifiée avant sa diffusion.

  • Protection des sources - Garantie de confidentialité

    La possibilité de protéger nos sources nous permet de recevoir des informations importantes et de les divulguer au public. Si nous ne protégeons pas convenablement nos sources confidentielles, nous perdrons la confiance de nos informateurs et cela compromettra notre capacité de dévoiler les abus de pouvoir.

    Nous offrons une protection à nos sources en nous basant sur plusieurs facteurs, dont l’importance de l’information, son impact possible sur la vie des Canadiens et son influence potentielle sur des enjeux d’intérêt général.

    Nous prenons aussi en considération le degré des difficultés personnelles ou professionnelles de la source et les dangers possibles auxquels elle s’expose, si elle est reconnue.

    Nous nous efforçons d’établir la crédibilité de l’informateur et/ou de corroborer les informations.

    Une fois que nous nous sommes engagés à protéger une source d’information, nous veillons à ce qu’aucun détail pouvant conduire à son identification ne soit révélé. Nous utilisons les documents de recherche avec prudence. Nous employons les moyens techniques appropriés pour masquer l’identité de la source pendant la diffusion.

    Lorsque la confidentialité est accordée à quelqu’un, le journaliste comme la source doivent être tout à fait conscients que cet engagement lie également Radio-Canada et qu’il ne se limite pas seulement au journaliste.

    La protection d’une source peut avoir des répercussions sur le plan juridique. Les journalistes devraient se familiariser avec les règles en vigueur ou chercher un conseil juridique.

    Avant qu’une source d’information confidentielle ne soit utilisée pour un sujet ou qu’un sujet ne soit publié sur la foi de l’information fournie, le rédacteur en chef doit connaître l’identité de la source ainsi que la nature exacte de l’entente conclue avec elle.

    Le dévoilement des sources au sein de la hiérarchie éditoriale n’équivaut pas à une divulgation publique.

    L’ampleur et l’importance du sujet, ainsi que son incidence possible sur les personnes ou les institutions, détermineront à quel niveau hiérarchique la décision doit être prise.

  • Identité des participants à l'entrevue

    Nous faisons preuve de transparence et présentons honnêtement les intervenants et leurs propos. Nous mettons tout en œuvre pour dévoiler l’identité des intervenants et donner le contexte et les explications nécessaires qui permettent à l’auditoire de juger de la pertinence et de la crédibilité de leurs propos. Cependant, il peut arriver, exceptionnellement et pour des motifs sérieux, que nous en arrivions à taire ces informations en totalité ou en partie. Le cas échéant, nous expliquons la situation à l’auditoire sans révéler les informations qui doivent demeurer secrètes.

  • Utilisation de documents obtenus par des fuites

    Des documents confidentiels obtenus de sources connues ou anonymes peuvent contenir des informations importantes.

    Lorsque nous recevons de tels documents, nous en vérifions l’authenticité, nous corroborons les informations qu’ils contiennent et nous évaluons attentivement les motifs de la personne qui est à l’origine de la fuite.

    Il peut arriver que le contenu ou l’existence même des documents constituent un élément important du reportage. Si nous nous sommes engagés à protéger l’identité de la personne qui a fourni le document, nous veillons à ne pas dévoiler son identité par inadvertance lors de la publication du document.

    La possession et la publication de certains documents obtenus grâce à une fuite peuvent soulever des enjeux de nature juridique ou liés à la sécurité nationale. Nous en tiendrons compte et solliciterons un avis juridique.

    La décision de publier de tels documents incombe au directeur général de l’Information.

  • Embargos

    Il arrive fréquemment que des personnes ou des organismes qui s’apprêtent à publier des résultats de recherches ou d’enquêtes nous offrent un accès privilégié aux conclusions de leur rapport. Toutefois, ces personnes ou organismes exigent que nous nous engagions à ne rien publier du contenu partagé avant une date déterminée par l’auteur du rapport. C’est ce que nous appelons recevoir une information sous embargo. L’engagement de respecter l’embargo peut aussi avoir été pris par une agence de presse qui nous fournit des articles désignés sous embargo.

    Nous avons comme politique de respecter nos engagements en matière d’embargos. L’accès préalable au rapport de l’étude nous permet de mieux préparer nos interventions et d’effectuer un travail journalistique rigoureux en regard de ces résultats. Il s’agit donc d’un net avantage pour la qualité de l’information que nous diffusons. Par ailleurs, si nous ne respectons pas notre parole, nos sources d’information pourraient se tarir.

    Toutefois, si l’embargo est violé par un autre média, nous pourrons considérer la publication de l’information après avoir consulté les autorités éditoriales et avoir avisé l’organisme ayant demandé l’embargo, que ce dernier n’a pas été respecté et que nous entendons publier l’information à notre tour.

    Par ailleurs, si nous avons préalablement obtenu de l’information couverte par le matériel sous embargo, nous éviterons de nous engager à respecter l’embargo et publierons l’information selon nos propres critères de pertinence et au moment que nous le jugerons opportun.

  • Journalisme de données

    De nombreuses organisations mettent des données en ligne à la disposition du public.

    Nos NPJ s’appliquent aux journalistes, développeurs et aux programmeurs qui font la collecte, l’analyse et la visualisation de ces données, ainsi qu’à ceux qui produisent des reportages à partir de cette information

    Il est possible de se servir d’un moissonneur de données (« web scraper ») afin d’extraire de l’information publiquement accessible d’un site dans un court délai.

    Lorsque nous employons un tel outil, nous nous efforçons d’être transparents auprès de l’organisation visée.

    Nous prenons aussi des moyens raisonnables pour minimiser l’effet que notre démarche peut avoir sur la performance d’un site et sur ses utilisateurs publics.

    Quand les circonstances et l’intérêt public le justifient, il peut être nécessaire de recourir à des procédés clandestins pour obtenir des données. (Voir le chapitre Principes – Enregistrements et procédés clandestins).

    Ces procédés font l’objet de considérations juridiques. Avant de procéder clandestinement, nous demandons l’autorisation du directeur.

  • Vérification de l’information dans le contenu venant du public

    Radio-Canada est responsable de tous ses contenus d’information. Cette politique s’applique aux textes, aux images et aux séquences vidéo ou audio provenant du public qui sont intégrés dans notre couverture de l’actualité sur toutes les plateformes.

    Les documents provenant d’une source extérieure à Radio-Canada sont clairement identifiés comme tels.

    Nous tentons de vérifier l’information au moyen d’une deuxième source. Il peut aussi survenir des situations où une troisième source est nécessaire.

    Nous révélons au public ce que nous savons, notamment les liens qui peuvent exister entre l’utilisateur et l’événement qu’il a rapporté.

    Dans certains cas, il peut être difficile d’authentifier une contribution. Il peut arriver que, pour des raisons pratiques ou pour servir l’intérêt public, nous décidions de publier un document avant d’avoir effectué toutes les vérifications d’usage.

    Dans ce cas, nous en informons le public.

    La décision de publier un contenu sans qu’il soit pleinement authentifié incombe au rédacteur en chef.

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