L'élimination de la publicité dans les services de CBC/Radio-Canada serait une mauvaise politique publique

Le Canada a un système de radiodiffusion mixte public-privé. Les radiodiffuseurs privés ont accès à des subventions publiques et bénéficient d'une protection réglementaire pour leur base de revenus publicitaires qui leur permet de respecter les exigences en matière de contenu canadien. Le radiodiffuseur public national a accès à des revenus publicitaires qui lui permettent d'atteindre les objectifs énoncés dans la Loi sur la radiodiffusion. Les radiodiffuseurs privés et publics se font concurrence à bien des niveaux, mais chacun apporte sa contribution unique au système.

Renseignements additionnels

Aucune raison valable sur le plan de la politique publique ne justifie l'élimination, ni même une réduction importante, de la publicité diffusée par les services de télévision de CBC/Radio-Canada. La publicité n'empêche nullement la Société de s'acquitter de son mandat de radiodiffuseur public.

  • Les radiodiffuseurs publics de la plupart des pays industrialisés diffusent de la publicité. La plupart des pays occidentaux (13 sur 18) et la majorité des radiodiffuseurs publics dans ces 18 pays (20 sur 32) comptent sur la publicité comme un élément du financement permanent de la radiodiffusion publique.
  • Il n'existe aucune corrélation entre l'utilisation des revenus publicitaires et le montant de financement public que reçoit un radiodiffuseur public.
  • Tous les radiodiffuseurs publics cherchent à toucher des auditoires nationaux et régionaux quels que soient leurs modèles financiers.
  • Public Broadcasting System (PBS) aux États-Unis ne constitue pas un modèle de solution de rechange viable pour CBC/Radio-Canada.

La perte par CBC/Radio-Canada de ses revenus publicitaires sans nouvelles sources de revenus pour les remplacer aurait un effet dévastateur sur la Société.

  • L'élimination de toute la publicité aurait un impact financier de 533 M$ sur CBC/Radio-Canada. Non seulement, la Société perdrait des revenus publicitaires de 368 M$, mais elle devrait aussi faire face à des coûts additionnels de l'ordre de 190 M$ afin de combler le temps d'antenne libéré par la perte des messages publicitaires et de la programmation sportive. Autrement dit, la perte de revenus publicitaires serait en fait aggravée par l'augmentation des coûts de programmation.
  • La suppression des revenus publicitaires ferait en sorte qu'il serait très difficile pour CBC/Radio-Canada de remplir son mandat actuel et, bien sûr, compromettrait sérieusement la capacité de la Société à mettre en œuvre les initiatives liées à la stratégie Partout, Pour tous pour 2015.

Les retombées négatives sur la production canadienne, les producteurs indépendants et en fait, pour l'ensemble de l'économie canadienne, seraient importantes.

  • L'élimination de la publicité à CBC/Radio-Canada entraînerait une baisse annuelle de 160 M$ des dépenses de programmation canadienne et amènerait une réduction des activités de production indépendante de 150 M$.
  • Les radiodiffuseurs privés récupéreraient une grande partie, mais pas en entier, du temps publicitaire accaparé auparavant par CBC/Radio-Canada. Cela créerait des fuites dans l'économie canadienne qui occasionneraient des pertes nettes de 165 M$ dans le PIB et, par conséquent, plus de 3 600 pertes d'emplois.
  • La perte de CBC/Radio-Canada comme instrument de publicité serait aussi perçue négativement par les annonceurs qui ont conscience de la valeur considérable que représentent les auditoires que CBC/Radio-Canada est en mesure de toucher. Avec un stock publicitaire réduit, les tarifs publicitaires à la télévision seraient tirés vers le haut, en particulier dans les marchés de plus petite taille.

Information supplémentaire :

La publicité à CBC/Radio-Canada, une politique publique sensée - Préparé par : Nordicité

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